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  • Ethique et Finance

    arbre finances.jpg1- Il n'est pas exact de dire que la sphère financière actuelle est sans éthique

    Il existe de nombreux codes de "bonne conduite" édités par le monde professionnel et qui sont basés sur ce que les anglosaxons appellent les "best practices". Exemple: la justesse et l'exhaustivité de l'information, la régularité des opérations, les règles de transparence et de bonne gouvernance etc.....Il faut citer aussi de nombreux codes de déontologie qui, dans le secteur public et privé, encadrent la vie professionnelle, au niveau des principes affichés tout au moins.

    2- La situation actuelle montre que tous les dispositifs existant sont insuffisants au niveau du corpus des règles ou de leur application.

    La responsabilité sociale n'a pas été prise en considération par le milieu financier, notamment en termes de risque et en termes d'opportunité de création de valeur. D'ou un conflit majeur avec l'exigence de rentabilité. Les dérapages possibles sont nombreux: conflits d'intérêts, délits d'initiés, rémunérations, évasion fiscale, corruption et blanchiment etc... Il existe 2 problèmes fondamentaux : un problème de comportement et un problème de finalité. Pour illustrer le premier on peut dire que si les règles avaient été appliquées ou respectées, la crise n'aurait pas atteint son point de gravité actuel ; pour définir le second, on peut dire que le monde financier n'est pas actuellement au service de l'économie et donc pas au service de l'Homme.

    3- Pour sortir de la crise, il y a de nombreuses fausses pistes:

    Ajouter des liquidités au marché ne résoud que le trés court terme sauf à considérer que l'on "essuiera l'ardoise" par l'inflation; supprimer les hedge funds en les régulant de trop près priverait les émergents d'user de financements disponibles pour leur croissance et, au surplus, pourrait empêcher les fonds spéculatifs d'être ces "robots nettoyeurs" capables d'absorber une partie des actifs toxiques des banques; dire que les nouveaux produits financiers sont trop complexes et donc dangereux est faux ( on ne le dit pas d'un ordinateur haut de gamme ou d'une voiture à haute technologie avancée...). Dire que c'est à l'Etat de mettre le curseur sur ce qui est éthique ou sur ce qui ne l'est pas n'est pas admissible. Mais la capacité de l'économie financière à s'autoréguler est une illusion etc...

    4- Le problème majeur est de concilier éthique et rentabilité

    Le résultat du G20 est une retouche ou une restauration du capitalisme qui sort donc grand vainqueur des discussions. Rien n'est résolu pour concilier éthique et rentabilité. C'est aux penseurs et à la doctrine de proposer. Le politique a montré ses limites ou son désir de préserver le système qui le sert même au prix de crises qui frappent surtout le pauvre ou le démuni. Le CAC 40 remontera un jour mais la situation dans les bidonvilles s'agravera. Il faut donc trouver une cohérence entre objectifs de rentabilité économique et prise en compte de critères extra financiers dont l'identification et la mesure demeurent hautement problématique  (comment rendre crédible et efficace des démarches d'investissement socialement responsables). C'est tout le catéchisme libéral qui est à recomposer mais cela suffira t il à conjuger convenablement le binôme Ehique et Finance?

    ( ce squelette de rélexion est le fil rouge du cours que je vais donner en 3ème cycle sur "Ethique et Finance")