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  • Quelques notes de lecture

    Ci-après, quelques citations fortes glanées ça et là à la lecture du Monde; session de rattrapage ou  piqure de rappel, peu importe...

    "Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve" ( Fr Holderlin)

    "Les nuits sont enceintes et nul ne connaît le jour qui naitra" ( Proverbe Turc )

    "Mieux vaut perdre une bataille pour une cause qui l'emportera tôt ou tard que de gagner une victoire pour une cause perdue d'avance" (anonyme)

     

  • "Ce que je suis est largement ce dont j'hérite"

    Cette phrase marque l'irréductibilité du poids de nos appartenances. Elle est donc lourde de sens et à trois dimensions, psychologique, juridique et économique.

    - Elle rappelle la remarque célèbre ( "On naît bourreau ou esclave"). Il y aurait donc dans le patrimoine génétique un déterminisme inéluctable. Mais on sait que dès la cour de récréation, on est leader ou non et, peut être même, dominant ou dominé, de par notre personnalité intrinsèque.

    - On peut aussi penser que l'individu possède des droits non pas en raison de son individualité même mais en raison de son appartenance à un groupe. On sait que dans le monde on ne nait pas libres et égaux en droits. Ce n'est pas la même chose de naître sur "les trotoirs de Manille" ou dans une villa de Neuilly.

    - Enfin, il y a l'appartenance à la classe sociale. Vouloir, selon le nouveau projet Sarkozien, taxer les revenus et plus values du patrimoine, c'est bien. Mais c'est à somme nulle dans une optique de réduction des inégalités. Seule une fiscalité directement appliquée au patrimoine pourrait y conduire.

    De toute façon un proverbe africain résume tout en disant "c'est dès l'aurore que l'on connaît la bonne matinée".

  • Enseignants vacataires: les soutiers bien connus de l'Université

    image tableau noir.jpgQUAND  ENSEIGNANT  VACATAIRE  RIME  AVEC  GALERE  

    L'Etat peut s'offrir, en France, un enseignement supérieur de masse grâce aux enseignants vacataires. Un décret d'Octobre 1987 en distingue 2 catégories : les chargés d'enseignement vacataires exerçant déjà une activité principale et recrutés pour leurs compétences scientifiques, culturelles ou professionnelles et les agents temporaires vacataires qui sont retraités de moins de 65 ans ou étudiants du 3ème cycle de moins de 28 ans. Il est intéressant de constater qu'en sont exclus les chômeurs et les chercheurs lorsqu'ils ne peuvent plus prétendre au statut d'Attaché Temporaire d'Enseignement et de Recherche (ATER). Les vacataires ont pour « vocation » de suppléer l'absence de professeurs titulaires pour des enseignements à la fois à dominante professionnelle mais aussi fondamentaux. Ils mettent de la fluidité dans les rouages de l'Université et lui permettent de fonctionner. De plus, l'Université est incitée à recourir à ces intervenants puisque le différentiel de coût avec la création d'un poste de titulaire est considérable et qu'ils constituent une variable d'ajustement très souple dans la gestion des ressources humaines.

     La nécessité et l'utilité du recours aux vacataires, de la première comme de la deuxième catégorie, contrastent avec les conditions, peu acceptables, qui leur sont allouées.

     Ils sont sans identité professionnelle, ou presque : dépourvus d'adresse professionnelle à l'Université et de logistique informatique, la mise au point du matériel pédagogique s'effectue totalement à leurs frais. Ils n'ont pas d'interlocuteur. Après avoir appartenu à une grande Institution Financière, j'ai fait l'expérience de la solitude du vacataire. Jamais reçu par le Doyen de la Faculté ou par le Responsable du Département, j'ai pu enseigner ce que je voulais sans contrôle ni retour de la part de l'Etablissement. Je me suis évalué à l'aune du degré de satisfaction affichée par mes étudiants de Master finance. J'ai seulement communiqué avec des secrétariats anonymes pour me conformer à des contraintes administratives, d'ailleurs lourdes et tatillonnes. J'ai été selon la belle expression d'un collègue vacataire « un passager clandestin dans l'Université ».

     Pourtant, les vacataires apportent beaucoup à l'Université. Ils favorisent ce pont, si désiré, entre enseignement et vie professionnelle. Ils ont le double langage et la double vie du théoricien et du praticien. En enseignant aux étudiants les contraintes et les embûches de terrain dans la mise en oeuvre de règles parfois abstraites, ils enrichissent les connaissances de l'étudiant. Ils les préparent à la vie active par des conseils autorisés. Ils peuvent organiser des stages, si convoités, dans les entreprises ou administrations où ils exercent. Ils sont donc généralement très appréciés des étudiants qui y verront un premier accès à un réseau professionnel dont on sait aujourd'hui l'importance.

    La démission, fréquente,  des chargés d'enseignement supérieurs pour cause de découragement lié à l'indigence de la rémunération et au déficit de reconnaissance, constitue donc toujours  un immense gâchis. 

  • Petits moments de poésie (St John Perse et Aragon)

    Cette heure peut être la dernière,

    Cette minute même, cet instant !....

    Et nous avons si peu de temps

    Pour naître à cet instant

    (St John Perse)

     Je suis auprès de toi

    comme un saule qui tremble

    J’ai peur éperdument du sommeil

    de tes yeux

    Je me ronge le cœur de ce cœur

    que j’écoute

    Amour, arrête-toi dans ton rêve

    et ta route

    Rends-moi ta conscience

    et mon mal merveilleux

    (Louis Aragon)

     

    Moments de poésie comme une respiration après les thèmes un peu lourds qui les précédaient 

  • Pourquoi le Capitalisme donne de l'urticaire et des furoncles à la Morale

    Le capitalisme trouve son illustration emblématique la plus accomplie dans le marché du travail, et, de manière la plus provocatrice, dans la rémunération du sportif, star des stades, ou du Haut Dirigeant d'entreprise.

    Sur le marché du travail en système capitaliste, ce ne sont pas des Hommes qu'on y vend ou qu'on y achète (la terminologie n'est déjà pas trés belle ! ) mais un travail, ce qui justifie les différences de salaires. Tous les hommes sont égaux en droit et en dignité mais pas en talents, en compétence, en créativité....On ne peut donc pas payer le travail (sa nature, son contenu...) au même prix. Ce serait confondre l'économie et la morale. Si l'on marque infiniment plus de respect à son patron (ou à l'homme de pouvoir) qu'à sa secrétaire, on viole une valeur morale essentielle qui est l'égale dignité de tous. Mais si on prétend que les échelles de salaires doivent être compètement écrasées, on zappe une donnée économique fondamentale (toujours en système libéral) qui est la loi de l'offre et de la demande où le curseur donne le juste prix ou le juste salaire.

    La valeur d'une star de football vaut ce qu'un club est prêt à payer pour l'avoir et pour le rémunérer. On peut "s'indigner" (voir ma note sur S Hessel) qu'un sportif gagne 1000 fois ce que gagne un chirurgien mais c'est le résultat des lois du marché et une confrontation offre/demande en système libéral. Toutefois, comme me l'a signalé avec justesse un de mes excellents commentateurs, dans le premier cas le salaire est libre; dans le second cas, il est administré puisque l'Etat fixe un maximum à la rémunération du chirurgien, notamment pour des raisons de cout vis à vis de la SS..Mais attention, il y a, dans ce dernier cas des "honoraires libres" qui faussent un peu tout, ce qui est assez scandaleux d'ailleurs. La dignité, disait Kant est " la valeur de ce qui n'a pas de prix". La dignité n'est pas à vendre ; le travail, si.

    On s'indigne sur les symptômes mais pas sur les causes. Les causes de ces monstruosités, au plan ethique et moral, sont à rechercher dans le système ...libéral ou capitaliste dont elles ne sont que les fruits naturels et logiques. Il faut définitivement essayer d'imaginer un autre Monde.

  • "Indignez vous" oui !.... mais trop c'est trop !

    images[3].jpgLe succès du livre de Stéphane Hessel est énorme. Tous les médias le célèbrent par des éloges dithyrambiques et unanimes. On se frotte les yeux : d'émotion, d'abord, car l'auteur le mérite et on se réjouit ; d'incrédulité, ensuite, car le fascicule ne fait que 20 pages qui dénoncent ce qui a été villipendié ailleurs, de manière souvent plus argumenté.

    Pourquoi ce succès? 3 raisons me semble-t-il: 

    1/Stéphane Hessel a un passé exemplaire, tout à fait exceptionnel, et l'homme est sympathique et plein d'humilité (un Homme rare !); il fallait le voir a Canal+ face aux requins de la communication s'en tirer de manière lumineuse et émouvante. On adhère à ce Grand Bonhomme.

    2/ il dénonce ce que les gens ont envie de voir dénoncer ou rejeter et fédère en quelques pages un ressenti général.

    3/ il est extrêmement concis, trés peu de pages, et cette briéveté fait sa qualité première puisque personne n'a plus le temps de lire de longs rapports. Son livre est un cri.

    Pourquoi trop c'est trop

    Je suis perplexe face à ce battage médiatique car le livre est dramatiquement incomplet et s'arrête au milieu du guêt. S'indigner, c'est bien ! mais ce n'est qu'un constat, un arrêt sur image. Manquent les propositions d'action et de changements. Stephane Hessel vient au chevêt de notre société, lui passe une radiographie mais ne dit pas comment le patient peut s'en sortir. Oui le radiologue est excellent...mais le travail de rédemption est à faire. A la vingtième page, on se trouve un peu abandonné. S'indigner n'est rien sans l'action. Si l'on croit qu'un "autre Monde est possible" il faut agir. L'indignation n'est que l'humus de la révolution. Ce qui choque aussi chez Hessel, c'est son attachemenau passé . Hessel voudrait restaurer la grandeur et la prospérité de la France; il y a des problèmes de pauvreté plus importants que la perte des acquis sociaux. La nostalgie n'est pas un système de pensée.