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  • Ressentir,...Exprimer

    Dans un documentaire qui lui est consacré, Françoise Dolto, veillant sur les gamins égaillés dans la Maison Verte, rappelle gravement à une toute petite fille qu'elle ne doit pas franchir avec son vélo une limite traçée sur le sol. Devant la persistance de l'interdit, l'enfant suffoque d'indignation, puis se roule par terre de rage.

    - "Tu as le droit de te mettre en colère" lui explique Dolto. "Mais tu n'as pas le droit de franchir la limite en vélo".

    Ressentir est un droit inaliénable; exprimer ce que l'on ressent est un autre droit inaliénable

  • "La société des égaux"

    Dans son dernier livre, "la société des égaux" P.Rosanvallon nous interpelle fortement sur le concept d'égalité. Il nous rappelle que c'est une notion politique et sociétale autant qu'économique. Elle concerne" le commun "autant que le juste.

    On pense souvent en termes d'inégalités économiques et de redistribution des richesses et on zappe l'idée d'égalité démocratique, c'est à dire une façon de construire la Société, de produire et de faire vivre le commun. L'égalité doit d'abord être considérée comme une qualité démocratique, une forme de relation sociale. Chacun a les mêmes droits et est reconnu et respecté comme aussi important que les Autres.

    L'égalité ainsi conçue se décline autour de trois axes qui se complètent et se renforcent mutuellement: similarité,'indépendance et citoyenneté.

    - égalité au sens d'équivalence pour exprimer que l'on est semblable et que l'on participe d'une même humanité, ce qui bânit les privilèges.

    - égalité au sens d'autonomie qui se définit comme absence de subordination

    - égalité au sens de la citoyenneté; c'est la communauté d'appartenance et d'activité civique qui la constitue.

    Un peu plus loin dans son livre Rosanvallon décrit ce qu'il appele "le complexe de Bossuet" . Nous sommes tous (ou presque) à nous indigner des bonus extravagants et de rémunérations démentielles attribuées à quelques VIP actuels . On a donc le sentiment d'une société de + en + inégalitaire et injuste. MAIS les facteurs qui produisent ces inégalités ( ducation à 2vitesses, exaltation du mérite, élitisme, mécanisme de la concurrence etc....) sont intériorisés (acceptés ?) de telle sorte qu'on hait les inégalités mais on reconnait comme légitimes les ressorts spécifiques qui les conditionnent.

    Rosanvallon parle  du "complexe de Bossuet" en référence à la célèbre remarque de ce dernier: "Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent les causes" 

  • D'une vision....une autre

    En pleine campagne, dans un royaume de ronces et d'orties, il ne restait de l'ancienne clôture qu'une mauvaise barrière vermoulue, démantelée. Mais le cadenas dérisoirement inutile, tenait bon. Cela faisait penser à certaines institutions, à certains dignitaires d'aujourd'hui....

     

  • Egalité

    La véritable EGALITE suppose de minutieuses compensations et la "difficile"acceptation de penser que la meilleure redistribution des richesses ne peut se faire que par l'impôt. Cette EGALITE là ne peut être atteinte que par un esprit de FRATERNITE. On ne peut parler de LIBERTE que seulement une fois cette EGALITE réalisée

    C'est pourquoi ,au fronton des monuments de notre république, les 3 mots magiques devraient s'inscrire dans l'ordre inverse: FRATERNITE, EGALITE, LIBERTE.

  • La Solidarité, mieux que toute doxa théorique ou doctrinale

    Thomas Shelling dans son livre "La Tyrannie des petites décisions" évoque la fable du matelas.

    Soit un encombrement sur le pont d'une autoroute provoqué par la chute d'un matelas du toît d'une voiture. Des centaines de voitures doivent ralentir et perdre du temps à cause du bouchon qui s'est formé. Lorsqu'elles arrivent à hauteur d matelas, elles reprennent de la vitesse sans plus s'en soucier. Personne ne pense à s'arrêter. Chaque automobiliste perdra plus de temps dans le bouchon qu'un seul d'entre eux à ramasser le matelas. C'est un cas  typique de gaspillage collectif.

     Pour y rémédier, deux fausses solutions et une bonne.

    - Pour Shelling, "le résultat est mauvais parce qu'il n'y a pas de marché". Si quelqu'un avait des droits de propriété sur le pont de l'autoroute il aurait en effet intérêt à débarasser la chaussée du matelas et à percevoir, en contrepartie, quelques centimes d'euro de la part de chaque automobiliste qui gagnerait ainsi un temps précieux; ce serait donc également l'intérêt de ces derniers

    La solution ne serait pourtant pas un moindre gaspillage social et un reglement objectif des comportement car les individus pourraient estimer avoir "un droit à la négligence" du fait qu'ils paient.  Le développement de ce comportement entraînerait une hausse du péage ce qui pénéliserait donc les autres. La solution du marché n'est donc pas optimale.

    - Pour certains, c'est du domaine de la responsabilité de l'Etat que de gérer de telles situations. ("Que fait l'Etat, les pouvoirs publics etc ..."). C'est l'appel à l'Etat providence pour une socialisation complète des problèmes. Mais, dans ce cas aussi ressurgira l'effet pervers de l'automobiliste qui estimera que ce n'est pas son problème et qu'il a un droit à la négligence puisqu'une entité collective palliera aux difficultés de l'autoroute, dans notre exemple spécifique tout au moins

    Pierre Rosanvallon -qui reprend la fable dans son livre "la crise de l'Etat Providence" - conclue que "la solidarité ne peut être conçue comme le produit automatique des mécanismes de marché ou comme le résultat mécanique du fonctionnement de l'Etat Povidence". La solidarité ne peut s'exercer qu'au travers une morale sociale (une éthique sociale?) qui pose une responsabilité de chacun vis a vis de tous.

    Rosanvallon va plus loin. Il dénonce l'Etat Providence qui s'est fait Etat-Protecteur et s'est substitué à la société civile  dans des actions  d'assistance et de charité qui, autrefois, étaient assurées par des entités religieuses,corparatives ou communales. Il en résulte un coût de + en + élevé des services sociaux de l'Etat par rapport à ce que représenteraient les coûts par une prise en charge à un niveau décentralisé organisée par la société civile. La crise de solidarité provient de la décomposition, ou mieux de la dislocation du tissu social, engendré par le développement de l'Etat Povidence. On débouche aussi sur le problème et la cause de la croissance exponentielle de la dette publique.  Mais c'est un problème plus large encore...