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  • A méditer

    "Supposons que la France perde subitement ses 50 premiers physiciens, ses 50 premiers chimistes, ses 500 premiers agriculteurs....comme ces hommes sont les Français les plus essentiellement producteurs, la Nation deviendrait sans âme dès l'instant où elle les perdrait.

    Admettons qu'à la place la France ait le malheur de perdre tous les grands Officiers de la Couronne, tous les ministres, tous les cardinaux, évêques, tous les juges, les 10 000 propriétaires les plus riches...il n'en résulterait à l'inverse aucun mal politique pour l'Etat"

    Saint-Simon (1760-1825)

    un peu excessif mais tout de même quelque chose de vrai cependant

    Cela me fait penser à ce que disait un observateur de la société actuelle: il y a deux sortes  de gens: "ceux qui ont des décorations et ceux qui les méritent".

  • Pourquoi pas

    Il faudrait déplacer le regard que l'on porte sur l'économie. Plutôt qu'un moyen de satisfaire des besoins dans une sphère où circule l'argent "en se fructifiant" (vision orthodoxe et classique), l'économie pourrait être un lieu où se construit la société. Plutôt qu'un système de production et de régulation des flux de biens, elle devrait devenir un facteur de médiation sociale. Plutôt  qu'une source de richesse monétaire et une occasion de profits, elle pourrait se révéler, dans sa finalité, une source de richesse relationnelle. L'économie devrait servir avant tout à penser le vivre-ensemble. Associée à ce vivre ensemble, elle deviedrait alors un lieu d'alliance et pas seulement de contrat, un lieu de confiance et pas seulement de stratégie, un lieu d'utopie et pas seulement de technique.

    Penser ainsi serait une révolution. Encore trés attachée à la seule idée de croissance économique (et donc de production ou de fabrication), notre modèle de développement est en crise. Autrefois signe de progrès et de bien-être, il est maintenant considéré comme prédateur de nos ressources. Réduire la croissance ou produire et consommer autrement ne peuvent constituer la solution.La question n'est pas au niveau des quantités produite ou consommées ni même au niveau des resources utilisées.Le challenge est sur la place qu'occupent la production et la consommation dans nos vies et, peut être,  la manière dont s'accomplit ces deux actes économiques fondamentaux. La qualité de vie est trop souvent réduite au degré de satisfaction des besoins. Dans l'idéal, elle devrait se définir par l'augmentation de la capacité de chacun à être créateur. C'est un peu, me semble-t-il, le sens du développement durable qui pense l'activité économique en termes de participation et de contribution. "Penser à la place que chaque personne peut avoir dans le développement plutôt que dans sa capacité à accéder aux biens nécessaires".

    J'ai voulu ici synthétiser un peu ce que je ressens lorsque j'entends parler d"économie solidaire"que je considère, pour ma part, comme la recherche d'un lien nouveau entre économique et social. Le social ne serait plus alors- comme je viens de le dire- lié aux besoins de la personne mais aurait une dimension existentielle, notamment de qualité relationnelle dans la vie. La dimension sociale de l'économie solidaire est bien d'ordre sociétal.

    Je sais combien de telles considérations peuvent entrainer de critiques au nom du réalisme et d'ironie envers un certain angélisme. Toute proportion gardées, ces attaques contre ce que je viens d'écrire pourraient se dupliquer avec celles faites à la "Société du care" prônée un temps, mais abandonnée ensuite par Mme Aubry. "Cette société d'attention aux autres, d'émancipation, une société du respect, du vivre ensemble, du lien social" reste toujours à inventer.

     

  • Aurores automnales

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  • Prolétarisation des Etats

     Pour en finir avec la prolétarisation des États.

    (article signalé par un ami, A.Dequier, qui a lui même fait de nombreuses contributions originales et pertinentes)

    Le prolétaire peut être défini come l'ouvrier ou l'employé dont la rémunération correspond au strict entretien de sa force de travail. N'y a t il pas une analogie avec les Etats dont le service de la dette consomme une part de plus en plus importante des budgets? N'est on même pas au delà de ce seuil lorsque la recherche d'économie conduit à réduire les effectifs des soignants, des enseignants...hypothéquant ainsi notre future santé, nos savoir-faire, notre sécurité...Nous allons vers une régression réduisant notre "force de travail"collective, vers une paupérisation croissante.

    Ceci peut s'interpréter comme les termes d'un contrat dont les termes de l'échange se révèlent déséquilibrés. La charge de la dette résulte d'un droit acquis qui a la caractéristique d'être inaltérable. La dette est mesu=rée dans une monnaie forte, ses intérêts peuvent progresser plus vite que notre production. Si elle n'est pas résorbéepar un échange contraire qui en réduit le montantsa charge peut devenir insupportable.

    La pratique de la dévaluation, aujourd’hui bannie pour conserver la « confiance des investisseurs », était un moyen de sortir de la spirale infernale. L’inflation elle-même était une manière de « grignoter » la dette, elle avait l’inconvénient de pénaliser le petit épargnant.

    Un autre type de contrat est envisageable pour régler les échanges. Il remet en cause le caractère éternel d’une dette, droit sur la production future, si un échange inverse ne vient pas la compenser.

    La situation actuelle est comparable à celle d’un père qui s’endetterait sans limite à la condition de ne rien lui demander en échange … de son vivant, reportant sur ses héritiers les conséquences de son acte. Il est permis de refuser d’hériter de dettes, le créancier en étant pour ses frais. La dette s’efface à la disparition de l’endetté. Pour les États, les générations successives ne peuvent pas refuser cet héritage.  

    Le caractère éternel d’une dette non compensée est une invention humaine et diabolique, imaginons donc une solution «biomimétique », inspirée du vivant. Avec une monnaie vivante, donc mortelle. Très simplement face à un achat il est donné un droit d’acquisition équivalent valable un certain temps, précisé par le contrat.

    Il n’y a pas dépréciation de la dette mais seulement une durée de vie. Pas de dévaluation, pas d’inflation mais une accélération des échanges, il faut se faire rembourser dans un certain délai, donc une relance économique. Donner un droit sans limite de temps par une dette monétaire est excessif, il faut s’en rendre compte. L’anonymat de la monnaie fait que cette dette peut aussi être transférée à un investisseur mal intentionné (spéculateur ?). La solution proposée est simplement plus équitable.

    Une pratique moderne de troc à un haut niveau (barter ou outsets) consiste à demander immédiatement un achat compensateur (production locale contre un AIRBUS), c’est une façon d’échapper au piège monétaire.

    Si l’on envisage une évolution de la valeur d’une dette dans le temps, il est naturel qu’au début le fameux « différé de jouissance » qui sert à justifier les intérêts augmente la somme due, mais cette progression ne doit pas être éternelle, à l’image d’un vin (encore du biomimétisme) la bonification apportée par les premières années de vieillissement devrait faire place ensuite à une dégradation, madérisation ou décantation. Pourquoi pas une dette indexée sur la valeur gustative d’un cru ?

    En conclusion :

    Si le prolétariat a disparu par des révolutions ou plus pacifiquement pas des luttes sociales, les États souverains doivent pouvoir négocier une relation plus équilibré avec ses prêteurs.

    Le caractère éternel d’un droit ou d’une situation est anormal : quand un dictateur âgé tombe comme un fruit mûr (pourri), il est possible d’installer une démocratie, lorsqu’une dynastie est établie l’espoir d’en sortir est bien plus mince.

     

    Marcel Horsdesclous le 4 octobre 2011