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  • "Je suis né dans mon enfance, c'est mon pays"

    On sait tous l'importance de l'enfance. Elle comporte l'héritage du patrimoine génétique, culturel affectif. Dans une de mes notes, j'ai dit que l'on est ce dont on hérite. On naît bourreau ou esclave, dominant ou dominé, sensible ou réaliste...à des degrés divers, sous des formes variables; mais le long fleuve de la vie nous voit l'un ou l'autre, quasi invariablement. Tout est écrit trés vite dans l'enfance: on nous l'a dit et nous le vérifions. "C'est dès l'aurore que l'on connait la bonne matinée" disent les Africains, la bonne ou la mauvaise.

    Un témoignage: dans mes activités je suis appelé à écouter les grandes souffrances. Toutes ou peu s'en faut,  ont un point de départ dès l'enfance, lors d'un évênement traumatique qui marque l'âme au fer rouge: le viol , l'inceste, la violence subie ou vécu, l'éclatement familial etc...Me vient alors ce poême qu'autrefois je trouvais pompeux mais qui, en définitive, est sivrai. Vous le connaissez.

    "le coeur d'un homme vierge est un vase profond

    Lorsque la première eau qu'on y verse est impure

    La mer y passerait sans laver la souillure

    Car l'abîme est immense et la tâche est au fond"

  • Sur le partage (court extrait du livre que j'écris)

    (pour commentaires éventuels; merci d'avance)

    Tout se passe aujourd'hui comme si la faiblesse des transferts sociaux, mais aussi leur iniquité pour certains d'entre eux, notamment en fonctions des générations (les chiffres montrent que notre société favorise largement les seniors par rapport aux jeunes mais aussi les "insiders" ceux qui ont un poste de travail par rapport aux "outsiders" ceux qui n'en ont pas etc...) soient obligatoirement compensés (pour tout ou partie) par des transferts familiaux selon un mouvement de solidarité familiale  au secours de l'insuffisance de la solidarité collective. Le casting du partage changerait d'acteurs. Il semble que les paramètres épouvantablement négatifs de la crise financière actuelle, renforcent un peu plus cette mutation sociétale qui, à maints égards, apparaît comme une régression et une injustice puisqu'elle favorisera, peu ou prou, les possesseurs de patrimoine.

    De même, les organismes humanitaires viennent aussi compenser les déficiences de la solidarié collective organisée par les pouvoirs publics; ils jouent le rôle d'amortisseurs dans cette période de difficultés systémiques. Il faut repenser le modèle français de solidarité. Ne pas faire moins, mais faire mieux.

  • De l'argent et du Capitalisme

    On sait tous qu'avec le Capitalisme, l'argent n'est plus seulement un moyen , un intermédiaire; il devient une fin en soi....D'ailleurs, J.M Keynes disait qu'il y a deux façons d'atteindre l'immortalité: la création artistique et l'accumulation d'argent.

    Mais s'agissant de l'argent comme moyen, c'est déjà un moyen absolu. Il permet d'acquérir tout ce qui est à vendre. La valeur d'un outil étant déterminé par la valeur de ce à quoi il sert, l'argent est un outil universel qui est le plus valorisé de tous. Une somme d'argent vaut plus que la somme des biens qu'elle permet d'acheter car elle apporte à son possesseur quelque chose de plus: la liberté de choix.

    Ceci explique aussi, dans une transaction, la supériorité (a priori) de l'acheteur qui détient l'argent sur le vendeur qui n'offre qu'un bien particulier; mais l'offre est "price maker" bien souvent sauf en des domaines hautement concurentiels. L'application de ce principe est éclairante sur la domination du capitaliste, qui avance l'argent, sur le salarié qui n'a à offrir "que" sa force de travail.

    Dostoïeski parlait de "liberté frappée"

    L'argent est en effet un moyen d'émancipation. On dit d'ailleurs du paiement qu'il est "libératoire": l'argent libère des obligations. Il a partie liée avec l'individualisme ( ah ! ah ! individualisme et capitalisme riment bien ensemble...)en ce qu'il offre la possibilité de se désengager des relations familiales ou communautaires et suscite un sentiment d'indépendance.

    Intéressant aussi ce que dit Karl Marx sur l'argent: "Ce que je suis et ce que je peux n'est pas déterminé par mon individualité. Je suis laid mais je peux me payer la plus belle femme; donc, je ne suis pas laid car l'effet de la laideur est anéanti par l'argent. Je suis un homme mauvais mais l'argent est vénéré donc aussi son possesseur; l'argent est le bien suprême donc son possesseur est bon; l'argent m'évite la peine d'être malhonnête: on me présume donc honnête"

  • (Vive) recommandation de lecture

    Je viens de lire un livre (difficile par le sujet) mais formidable par le témoignage qu'il représente. Son titre est un peu sinistre (et agit comme un repoussoir); il s'agit de "La mort intime" de Marie de Hennezel. Mais le  sous-titre est déjà plus éclairant ("ceux sui vont mourir nous apprennent à vivre"). L'investissement que représente sa lecture est gratifié du plus fort des dividendes: on se sent galvanisé par le merveilleux cadeau qu'est la vie. Au dernier mot de ce livre, on a une bouffée de joie et d'optimisme. Et pourtant, il nous parle des derniers instants de vie alors même que s'avance inexorablement  l'ombre de la mort.

    "Ceux qui ont le privilège d'accompagner quelqu'un dans ses derniers instants de vie savent qu'ils entrent dans un espace temps trés intime. La personne, avant de mourir tentera de déposer auprès de ceux qui l'accompagnent l'essentiel d'elle même. Par un geste, une parole parfois un regard elle tentera de dire ce qui compte vraiment et qu'elle n'a pas pu ou su dire"

    Ce livre apprend que le temps qui précède  la mort, peut être aussi un temps d'accomplissement de la personne et d'une transformation de l'entourage. Bien des choses peuvent se vivre. Dans un champ plus subtil, plus intérieur dans le champ de la relation aux Autres.Quand le corps est altéré, vaincu, on peut encore aimer et se sentir aimé. Ce livre montre qu'auchevet du mourant on peut se dire l'essentiel, échanger des paroles d'amour, de gratitude, de pardon. Trop souvent ce moment unique, essentiel e la vie, est entouré de silence et de solitude.

    "la mort est comme un miroir: ce qu'on voit dedans, c'est sa vie. ceux qui ont le sentiment d'avoir pleinement et intensément vécu, ceux qui ont derrière eux une épaisseur de vie, ceux là n'ont pas d'angoisse métaphysique qaund vient le dernier souffle"

    "La mort intime" de M. de Henezel est un hymne sublime à la vie. S'il vous plait, lisez le !