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Publication de mon livre sur mon expérience de juré d'assises

 

Je suis heureux de vous annoncer que L'Harmattan vient de publier mon ouvrage.

C'est d'abord un témoignage sur:

- le fait qu'il existe une probabilité de joueur de loto pour participer aux assises comme juré titulaire. Il faut franchir 4 tirages au sort avant d'espérer siéger; il faut aussi dépasser le stade de la récusation. J'y dévoile les dessous de cette décison baroque laissée à l'appréciation des avocats de la défense et du procureur, souvent pour des motifs obscurs peut être même fantaisistes.

- l'immense souffrance qui se manifeste dans le prétoire. Le prétoire est d'abord un réceptacle de douleurs extrêmes où résonnent des cris, des pleurs et des menaces, une pièce où sont exhibés les actes les plus vils commez les actions les plus nobles. L'enquête de personnalité fouille dans la vie de l'accusé dans tous ses aspects sentimentaux, sexuels, relationnels depuis l'enfance...surtout pendant l'enfance dont on ne guérit jamais, comme on le sait. Tout est fait pour dénicher l'évênement traumatique d'hier qui puisse expliquer le comportement reproché aujourd'hui. La perversion de l'accusé est un plat qui régale les avocats. Les experts sont là pour le servir à toutes les formules surtout les plus épicées.. Les magistrats y sont habitués. Ils ont l'indifférence des repus. Pas moi. Pas les jurés qui ont du mal à avaler. On ne sort pas indemne de ce qu'on entend souvent à huis clos. On est traumatisé à vie.

- l'impudeur et la crudité des propos qui s'y profèrent. On entend aux assises des propos d'une grossiéreté insoupçonnable qui rend les plaisanteries de carabins d'une légèreté de conte de fée. Dans mes quatre procès j'ai vu des hommes mis à nu qui- pour se défendre (ou pour attaquer l'accusé)- ont usé des invectives les plus crus, des attaques les plus sordides. On les connait dans les cagibis de commissariat de police. Ici, elles sont plus abominables encore car les acteurs du procès, souvent profondément atteints dans leur dignité, ripostent comme des bêtes blessées: sauvagement, aveuglement, cruellement. Le juré souffre aussi. Je n'ia jamais vu quelqu'un pour le dire.

- le terrifiant pouvoir de juger. Le juré prète serment et il dit, devant l'ensemble du tribunal, sorte de théatre où se déroule une cérémonie expiatoire:"je le jure". Dans ce "je le jure" remontent des souvenirs d'enfance, de cour de récréation où il faut jurer pour être cru. Là il n'est plus question de fariboles mais d'actes qui engagent, devant des juristes en habit de cérémonie . Le juré est pris de vertige. Il va décider de la trajectoire de vie d'un être. Il est en apné. Rien, absolument rien ne l'a préparé à cette fonction, l'une des plus hautes donnée à un citoyen: juger son prochain, ce que ne permet pas, au demeurant, les principales religions monothéistes.

 

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Je dénonce aussi:

- la solitude extrême du juré qui se trouve seul face à des corporations multiples (celles des avocats des greffiers, des magistrats, des experts etc). Le juré est d'abord un être isolé. Certes, il est dans un groupe mais un groupe qui est renouvelé à chaque procès. Il ne sait rien du déroulement des procédures. Il a peur de mal faire. Evidemment, il écoute son president qui, lui sait. Dès lors naît naturellement l'autorité du magistrat. La peur fait rassembler un peu plus à celui qui a l'autorité. Le juré est sous influence dès le début.

- l'influence déterminante des magistrats qui, en définitive, fixent la décision finale de culpabilité ainsi que le montant de l'attribution de la peine par une manipulation constante des jurés notamment en salle de délibération. Par de nombreuses manipulations que je décris dans ce livre, les magistrats procèdent à un dévoiement grave de la justice populaire que voulait le législateur lors de la création des jurys en 1791.

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