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  • Si vous aimez cette écriture.....

    "Être éveillé la nuit quand tout le monde dort, prêter vraiment l'oreille aux autres, écouter la vie en soi, attendre l'heure bleue, essayer de saisir le moment ou on s'endort, avoir conscience du caractère fugace des choses, être une éponge à sentiments, tenir l'amitié pour un engagement........"

    "Le monde existe a travers nos sens avant d'exister de façon ordonnée dans nos pensées, et il nous faut tout faire pour conserver au fil de l'existence cette faculté créatrice de sens: voir, écouter, observer, entendre, toucher, caresser, sentir, humer, goûter, avoir du goût pour tout, pour les autres, pour la vie".

    Alors vous pourriez acquérir l'ouvrage "le sel de la vie" de françoise Héritier. Elle nous fixe une étoile vers laquelle marcher. Tant pis pour mon livre...vous l'achèterez plus tard!...

    Toujours au sujet de F.Heritier, JC Guillebaud dans le Nel Obs nous informe de la position de cette femme vis à vis du mariage pour tous (quelle mauvaise appellation!). Elle dit que toute configuration anthropologique est d'abord une construction sociale qui doit donc pouvoir évoluer dans les limites de ce qu'elle appelle "les butoirs de la pensée" lesquels procèdent du biologique. De ce fait, elle est plutôt favorable au mariage gay MAIS trés réservée sur tout ce qui est GPA et PMA. Le risque est, dit elle, "une marchandisation du ventre de la femme".

  • Publication de mon livre sur mon expérience de juré d'assises

     

    Je suis heureux de vous annoncer que L'Harmattan vient de publier mon ouvrage.

    C'est d'abord un témoignage sur:

    - le fait qu'il existe une probabilité de joueur de loto pour participer aux assises comme juré titulaire. Il faut franchir 4 tirages au sort avant d'espérer siéger; il faut aussi dépasser le stade de la récusation. J'y dévoile les dessous de cette décison baroque laissée à l'appréciation des avocats de la défense et du procureur, souvent pour des motifs obscurs peut être même fantaisistes.

    - l'immense souffrance qui se manifeste dans le prétoire. Le prétoire est d'abord un réceptacle de douleurs extrêmes où résonnent des cris, des pleurs et des menaces, une pièce où sont exhibés les actes les plus vils commez les actions les plus nobles. L'enquête de personnalité fouille dans la vie de l'accusé dans tous ses aspects sentimentaux, sexuels, relationnels depuis l'enfance...surtout pendant l'enfance dont on ne guérit jamais, comme on le sait. Tout est fait pour dénicher l'évênement traumatique d'hier qui puisse expliquer le comportement reproché aujourd'hui. La perversion de l'accusé est un plat qui régale les avocats. Les experts sont là pour le servir à toutes les formules surtout les plus épicées.. Les magistrats y sont habitués. Ils ont l'indifférence des repus. Pas moi. Pas les jurés qui ont du mal à avaler. On ne sort pas indemne de ce qu'on entend souvent à huis clos. On est traumatisé à vie.

    - l'impudeur et la crudité des propos qui s'y profèrent. On entend aux assises des propos d'une grossiéreté insoupçonnable qui rend les plaisanteries de carabins d'une légèreté de conte de fée. Dans mes quatre procès j'ai vu des hommes mis à nu qui- pour se défendre (ou pour attaquer l'accusé)- ont usé des invectives les plus crus, des attaques les plus sordides. On les connait dans les cagibis de commissariat de police. Ici, elles sont plus abominables encore car les acteurs du procès, souvent profondément atteints dans leur dignité, ripostent comme des bêtes blessées: sauvagement, aveuglement, cruellement. Le juré souffre aussi. Je n'ia jamais vu quelqu'un pour le dire.

    - le terrifiant pouvoir de juger. Le juré prète serment et il dit, devant l'ensemble du tribunal, sorte de théatre où se déroule une cérémonie expiatoire:"je le jure". Dans ce "je le jure" remontent des souvenirs d'enfance, de cour de récréation où il faut jurer pour être cru. Là il n'est plus question de fariboles mais d'actes qui engagent, devant des juristes en habit de cérémonie . Le juré est pris de vertige. Il va décider de la trajectoire de vie d'un être. Il est en apné. Rien, absolument rien ne l'a préparé à cette fonction, l'une des plus hautes donnée à un citoyen: juger son prochain, ce que ne permet pas, au demeurant, les principales religions monothéistes.

     

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    Je dénonce aussi:

    - la solitude extrême du juré qui se trouve seul face à des corporations multiples (celles des avocats des greffiers, des magistrats, des experts etc). Le juré est d'abord un être isolé. Certes, il est dans un groupe mais un groupe qui est renouvelé à chaque procès. Il ne sait rien du déroulement des procédures. Il a peur de mal faire. Evidemment, il écoute son president qui, lui sait. Dès lors naît naturellement l'autorité du magistrat. La peur fait rassembler un peu plus à celui qui a l'autorité. Le juré est sous influence dès le début.

    - l'influence déterminante des magistrats qui, en définitive, fixent la décision finale de culpabilité ainsi que le montant de l'attribution de la peine par une manipulation constante des jurés notamment en salle de délibération. Par de nombreuses manipulations que je décris dans ce livre, les magistrats procèdent à un dévoiement grave de la justice populaire que voulait le législateur lors de la création des jurys en 1791.

  • Mise en alerte

    Dans deux jours (18 décembre) un rapport sur la fin de vie sera rendu officiellement par le professeur Sicard. Ce travail  nous interpelera tous.

    Notre corpus législatif repose sur la loi dite Leonetti de 2005 qui -pour faire court- consacre le laisser mourir et condamne le faire mourir. Tout semble clair au niveau des principes, beaucoup mois au niveau des applications. Dans la pratique médicale, des actions actives et passives sont autorisés. Elles vont de l'abstention, des limitations et des arrêts de traitement jusqu'à l'administrations de produits prescrits pour soulager mais qui sont susceptibles d'abréger la vie.

    Le laisser mourir n'est pas simple (pour ma part, je préfèrerais le laisser partir). Il rend mal-à l'aise les praticiens car on parle de soins proportionnés. Pas facile de dire ce que sont véritablement des soins proportionnés! Ceux qui en appellent à l'éthique (à mon avis hypocritement) disent  s'y retrouver car ils soulignent que l'on veut ainsi restituer le caractère naturel de la mort. C'est oublier que la nature peut faire le mal de la façon la plus perverse. Mimer la nature et laisser au patient la responsabilité de mourir n'est pas acceptable. La médecine se doit de corriger le cours d'une nature souvent cruelle.

    La tentation de l'euthanasie. Elle est forte. Je la ressens moi même car au fond pourquoi pas un droit à mourir. Deux garde fous: l'interdiction de faire mourir est un des piliers societal. On en sait les raisons, beaucoup sont légitimes. Quand il n y a plus de barrières il n'y a plus de limites disait Coluche. Il y a la religion. L'idée que la maladie est une punition divine qu'il faut accepter et subir pour obtenir une rédemption n'est plus exprimée. Dieu a cessé d'apparaître comme un procureur qui punit pour des fautes. La foi soulage mais ne guérit pas. Mais qui sera le bras armé de l'euthanasie? Pas le médecin cela me parait impossible...alors qui et dans quelles conditions surtout.

    J'ai vu avec énormément de souffrance intérieure le film "Quelques heures de printemps" qui traite de la possibilité de l'euthanasie autorisée en suisse dit également "suicide assisté". J'en suis ressorti bouleversé y compris dans mes convictions. Je flotte, je l'avoue Il me semble qu'au fond il faudrait appliquer complètement la loi Leonetti qui va très loin. Je l'ai lue et elle est toute proche de la possibilité de faire mourir. Il me semble qu'il faudrait absolument RENFoRCER les ressources en moyens humains et matériels pour assurer de meilleurs soins palliatifs possible. Ils ne sont pas, loin s'en faut, à la hauteur des demandes et des besoins. Mais rode encore en moi la tentation que soit ouverte une fenêtre  à l'euthanasie lorsque le patient soumis aux souffrances extrêmes et sans issue le demande et que l'acte est décidée collegialement par un groupe de personnes, comprenant médecin, représentant de la famille et responsable éthique à définir.

  • Si vrai! ...pour beaucoup d'entre nous...

    " j'ai souffert souvent, je me suis trompé parfois, mais j'ai aimé."


    Vous serez étonnés, sans soute, de savoir que cette phrase est de A.de Musset.  Classique mais moderne n'est ce pas?

  • À Réfléchir

    Le meilleur des théologiens est celui qui se tait et, dans le silence, prend la main de celui qui souffre.....

    Il faut se méfier des jolis mots, des belles théories, des grands élans qui dégoulinent de bonnes intentions, des religions aussi. Plus j'avance dans ma vie, plus j'attache de l'importance au comportement, à l'exemple donné par sa propre attitude , au don de temps et de soi pour les Autres bien plus qu'une contribution d'argent. Les laïques, agnostiques et mécréants....savent le faire aussi bien que les plus érudits et les plus fervents des religieux, monothéistes ou autres, de ceux même qui vivent dans la plus élevée des spiritualités. Je me méfie de plus en plus de la bonne conscience comme des gens dit" bien pensant".

  • Reflets dans un œil d'homme

    Il s'agit d'un livre que je voudrais vous recommander absolument mais en faisant personnellement quelques réserves importantes. Je le recommanderais parce qu'il est puissant. Il aborde des thèmes avec un réalisme cru que je n'ai jamais connu ailleurs.

    C'est un livre écrit par une femme (Nancy Huston), pour les femmes et relatif à une thématique de femme, même si on y parle du mâle aussi (et souvent).Les hommes y apprendront beaucoup.

    Je l'ai aimé particulièrement

    - quand il parle du "stade du miroir" qui est une sorte de dédoublement. Le miroir tient dans l'enfance un rôle majeur pour les filles surtout. Il y a un avant et un après le premier contact avec le miroir . Formidable chapitre sur la construction d'une femme, sur son regard face au miroir, a partir de son regard sur elle meme et celui des autres. Sur celui du mâle aussi.

    - quand on y lit ceci:"le sentiment que peut avoir un homme d'être agressé, contrôlé, manipulé dans sa chair par les femmes peut être lié aussi au fait d'être né de la chair d'une femme, d'avoir été fabriqué à l'intérieur d'un corps féminin. Savoir objectivement que le père participe à l'engendrement d'un enfant et y contribue par ses chromosomes n'y change rien. Il raisonne subjectivement comme si sa nature charnelle était la "faute" de sa mère".

    - quand l'auteur ajoute: "le fait d'avoir été dominé par une femme dans les premières années de sa vie peut être vécu par le mâle comme une humiliation. Au sortir d'une enfance vécue sous l'autorité d'une femme, l'homme regarde le corps féminin avec ambivalence, en le désirant et en le redoutant, en le jalousant et en la détestant". VRAI ! je pense qu'elle a raison.

    - quand il avance l'ambivalence du double "bind", c'est à dire la double contrainte de la modernité à l'endroit des femmes. " elles se trouvent alors dans des interrogations sans fin. Le vrai moi se demandent elles, est il la femelle atavique en moi qui aime séduire, être désirée et aimée des hommes....et le faux la bonne élève, la bonne citoyenne, la bonne travailleuse que je fais semblant d'être pour donner le change? Ou au contraire le vrai moi est-ce la bonne élève, bonne citoyenne....et le faux, l'apparence, cette surface trompeuse que je donne à voir au monde?".

    À côté de cela je n'aime pas du tout l'extrême réalisme des mot, du raisonnement, des images. C'est un livre qui peut être déprimant. L'auteur se complait à donner des exemples clauques, parfois même insoutenables (entre autres...la tragédie de Jean Seberg, une enfant de 6 ans agressée qui se confie à son frère, qui le rapporte à la maman, laquelle gifle et gronde fortement sa fille violée parce qu'elle s'est confiée à son frère). Il m'a fortement dérangé positivement et négativement. Il parle beaucoup sexe. Il y a de longs chapitres sur les putains et la prostitution. Nancy HUston explique les huit ou neuf raisons qui sous tendent la prostitution. Elle oublie la principale !!! La misère économique. Lorsqu'on va dans les pays pauvres la prostitution est une donnée majeure, sa cause évidente. Je recommande ce livre car il secoue trouble et fait réagir. Il est apre. Rude même. Il met (trés justement) en valeur les ambivalences dans nos vies. A lire avec un autre ouvrage à coté. Pour décompresser. Pour respirer.

    Je remercie Rozven qui, dans son blog "indestructiblement et doucement mêlé", un blog à consulter absolumnt, nous a alertés sur cette lecture pour laquelle elle a une autre approche que la mienne.