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  • "Jette ton pain....."

    Imaginez qu'un jour, vous ayez un problème d'informatique et que votre ordi beuge grave au mauvais moment. Vous sollicitez, sans trop y coire, un vague voisin qui a la réputation d'être un geek et de s'y connaître en informatique. Il vient et passe 1h 1/2 chez vous pour résoudre le problème sans rien demander en échange, sans faire aucune remarque comme quoi "il y a passé pas mal de temps". Aimable et patient, à aucun moment il ne vous fait sentir que vous lui êtes redevable. Imaginez que ce genre de situation se reproduise dans d'autres domaines. Soudain vous saisit le sentiment de la grâce et l'espérance d'une société vraiment humaine et fraternelle où "les gens s'aimeraient" comme disait Aragon longtemps disciple de ce messianisme laïcisé que fut à ces heures le communisme.

    la gentillesse souriante et la disponibilité à autrui ont ce curieux pouvoir de réenchanter le monde. Elles nous rappellent l'importance de la gratuité. Dans mon livre sur le "partage", j'ai insuffisamment insisté.

    Je regrette de ne pas avoir cité ces mots difficiles d'interprétation de l'Ecclésiaste "Jette ton pain à la surface de l'eau, afin de le retrouver dans l'abondance des jours".

    Le geste est a priori absurde, un gaspillage en apparence..., mais la métaphore désigne le don gratuit, sans aucun espoir de retour mais qui se voit superbement récompensé.

  • Paradoxe et ambivalence

    C'est quand je suis bien dans mon corps et dans mon esprit que je pense à la mort.

    Elle m'apparaît comme le terme normal de la partition de la vie qui a eu ses allegretto joyeux et ses largo  profonds. Il convient de préparer le finale pour que le délabrement de l'écorce corporelle ne génère  pas de malencontreuses dissonances  qui ternissent la symphonie dans ses dernières notes. La mort est une délivrance. Elle nous libère de nos impuissances, de nos regrets et de nos humiliations. Elle est une accession au repos et c'est le sens de tout requiem. Elle peut donc être apprivoisée comme nous le prouvent d'autres cultures. Je les ai écoutées. Elle est un départ vers ceux que nous aimons et qui nous ont précédé en disparaissant à l'horizon, tel le voilier que échappe à nos yeux.

    C'est quand je suis mal dans mon corps et dans mon esprit que je chasse  l'idée de la mort 

    Elle m'apparaît alors comme la face hideuse de l'ombre froide et inconnue. Rien ne vaut la vie et j'ai besoin de sentir et de penser que les forces de vie l'emportent toujours et partout. Qu'elles font reculer la peur. Seuls existent des hymnes à la vie, pas à la mort qui ne mérite aucun lyrisme. Quand je ne vais pas bien, je sens la mort plus proche et ce souffle fétide qu'elle exhale, dans la proximité, décuple mes forces pour la repousser. Je sais que les derniers instants se passent dans l'arrière cour, celle de soins palliatifs où la morphine transforme les râles en silence et la douleur en apaisement. L'absence sera une violence faite aux proches. Il faut donc vivre chaque instant comme une minute d'éternité.

    Assymétrie, paradoxe et ambivalence de l'idée de mort.

  • Les partenariats public-privé: outil désastreux aux conséquences incalculables

    Le contrat de partenariat public-privé (Ppp) permet de réunir en un seul marché, sous un seul contrat, la conception, la construction, l'entretien, la maintenance et la gestion d'un équipement public.

    Le principe est donc simple. L'Etat, trop endetté et incapable d'assumer de gros investissements publics, fait appel aux capitaux privés.  Il permet de lancer d'énormes programmes sans argent en reportant à plus tard leur paiement. Il favorise la construction et donc la croissance. Jusque là, pourquoi pas. OUI Mais....

    L'équipement public est financé par le groupement privé attributaire du contrat gagné par adjudication (selon les bonnes règles de la compta publique) et payé par l'Etat ou la collectivité locale sous forme de loyer sur des durées de 15, 20, 30 ou parfois même 40 ans. Lancées sous le gouv. Thatcher, ces initiatives ont été reprises par Chirac et accélérées sous Sarkozy. Elles se multiplient à l'heure actuelle pour la construction de prisons, d'hôpitaux, d'universites, de ministères (le "Pentagone" à la française) etc..

    L'outil est désastreux pour les raisons suivantes

    L'expérience montre que, compte tenu de l'ampleur des marchés en question, ce sont toujours les mêmes entreprises qui obtiennent le contrat de l'Etat, à savoir les 3 ou 4 majors du BTP à l'appétit aiguisé (Bouygues, Vinci, Eiffage...). Le lit est fait pour la surenchère et les négociations occultes. D'ailleurs, bien des procédures sont en cours pour ententes illégales.

    Par ailleurs, les Ppp sont un choix qui se fait au détriment de l'artisanat et des PME sans surface financière juridique et aministrative suffisante, ce qui les empêchent de répondre aux appels d'offres. Lorsqu'elles sont prises en sous traitance par le groupe elles ne travaillent plus pour faire le meilleur projet mais pour aider le maître d'oeuvre à obtenir la marge maximale. D'ou l'apparition rapide de dysfonctionnements dans les équipements  réalisés.

    Mais le point le plus dramatique est le creusement de la dette des générations futures car les loyers payés par l'Etat ne cessent d'augmenter. En octobre 2011, la Cour des Comptes a analysé les Ppp pénitenciaires. Cette analyse fait froid dans le dos! !  elle constate un coût indolore dans les 2 ou 3 premières années, coût qui augmente de façon exponentielle avec les loyers multipliés par 7 dès 2017 pour un montant global de 23.8 milliards en 2044. La Cour des Comptes met en cause la soutenabilité financière des Ppp et fait remarquer que les ministères n'ont aucune politique budgétaire à long terme permettant de répondre aux engagements pris. Aucun calcul n'est fait pour savoir comment l'Etat paiera les loyers dans 10 ans et plus.

    Et les collectivités locales ont emboîté le pas à l'Etat.....pour toutes sortes d'infrastructures (stades, piscine, maisons de retraite etc) ...

    Alors que conclure. On est en présence d'une folle fuite en avant comme une course pathétiques aux abîmes. OUI Mais...l'Etat n'a plus d'argent et l'urgence est là pour construire prisons, hôpitaux, universités etc...L'alternative? on la connaît: les capitaux étrangers. Aujourd'hui des hôtels, des sites, le PSG.... sont à capitaux quataris. Demain une prison ou un hôpital sera majoritairement  sous capitalisation des émirats. J'en reparlerai dans mon blog.

  • HAITI: 3 ans après le séisme, toujours le désastre

    Deux nouvelles récentes viennent rappeler qu'Haïti est plus que jamais dans la détresse absolue. Le Canada, principal bailleur de fonds, a annoncé le gel de son aide . Ottawa et Washington déconseillent à leurs ressortissants de se rendre dans ce pays en raison de l'insécurité et du Choléra (7900 cas environ).

    1- L'aide publique et privée consentie après le séisme s'est élevée à plus de 8 milliards de dollars. Bien!.... Bel élan de solidarité .... MAIS on s'apercoit, 3 ans après, que:

    - (1) une partie de ces sommes n'est toujours pas arrivée à Haïti; le trésor américain n'a pas encore décaissé 1 milliard de dollars et la croix rouge retient toujours, de son coté,  500 millions de dollars;

    - (2) la moitié de l'aide américaine, lorsqu'elle a été versée, l'a été au Pentagone pour que celui ci assure la sécurité, le reste allant aux ONG et aux entreprises bien vues par....dans les couloirs de la maison blanche et par la star politico médiatique Bill Clinton.

    - (3) L'aide au logement qui devrait être la "top priorité" reste faible. Il n'a été consacré que 215 millions de dollars à la construction de logements et 1.2 milliards aux abris éphémères. Il a été construit, en revanche, un Hôtel 5 étoiles (hôtel OASIS) pour 2 millions de dollars (!)

    Il existe encore 350 000 personnes qui vivent dans 496 camps. Et encore! la situation est bien pire que ne le laisse supposer ce chiffre CAR beaucoup ont quitté les camps pour revenir dans les bidonvilles plus que jamais insalubres!

    2- Un autre paramètre témoigne de la gravité de la situation.

    A peine 10% de l'aide en faveur du pays a été confiée directement aux institutions haïtiennes. Nous autres économistes nous en savons les raisons et nous la masquons sous le terme technique de "faible capacité d'absorption". C'est une expression trés FMI que j'employais moi même quand j'y travaillais. Sous ce vocable se cachent une défiance et une réalité. La première est due à la corruption généralisée et les systèmes de rétrocommission des entreprises haïtiennes en témoigne; la seconde est liée aux manques de structures et de cadres qui rendent aléatoire, voire impossible,l'affectation de sommes mises dans certains circuits.

    3 - La situation est dramatique dans le domaine scolaire et universitaire.

    Le séisme a détruit les écoles et les Universités. Traditionnellement, ce secteur est peu pris en charge par l'Etat dont le  désengagement s'accentue même depuis 1990. Sa part, est légèrement supérieure à 10% ce qui laisse tout le reste au privé. Tout le monde peut créer une école ou une Université à Haïti. 1/4 des universités aurait reçu un agrément officiel de l'Etat. Pas les autres! Il y aurait environ 200 universités pour 60 000 à 100 000 étudiants (concentrées à + de 80% à Port au Prince) et 15 000 écoles pour 2 millions d'écoliers. Ce secteur connaît 2 tendances lourdes particulièrement préjudiciables au pays.

    (1) les familles aisées scolarisent leurs enfants à l'étranger qui ne reviennent pas au pays ensuite (fonds de la diaspora d'environ 2 millions de haitiens). C'est un phénomène inhérent aux pays pauvres mais à Haïti, il serait plus marqué qu'ailleurs

    (2) les cadres formés sur place quittent à 84% leur pays d'origine dès qu'ils ont un diplôme en poche. Sur une promotion de médecins  cela donne 20 médecins par an pour un pays de 70 millions d'habitants.

    Un espoir !

    Les Univesités grace à une ONG ont mis en place un plan d'enseignement numérique. En clair, cela se traduit par des centres informatiques (12 pour l'instant) où les étudiants ont accès à 786 universités dans le monde, à leur doc bien sûr mais surtout à un enseignement virtuel donné à partir d'une plateforme informatique d'une université américaine ou européenne et capté à Port aux Princes. l'ONG s'appelle HELP ...la bien nommée !

    Il existe une Association "Amitié Haïti Sartrouville Gonaïves" qui s'efforce de créér des liens d'amitié entre Français et Haïtiens en Haïti, par des contacts réguliers, une aide aux écoles et fondamentalement par des actions concrètes. L'Association est née en 1983 et va donc fêter ses 30 ans cette année. Sa spécificité est ce centrer prioritairement ses efforts sur le soutien aux écoles, conscient que la scolarisation est une base de départ incontournable pour aider ce pays. A cet effet, le focus a été mis sur 3 écoles dont l'une d'entre elle, l'Institut Primaire de Carrefour Feuille dans la banlieu pauvre de Port au Prince, dépend presque uniquement du soutien financier de l'Association. Le financement par les dons se dispatche en plusieurs actions, toutes limitées et concrètes: prise en charge des frais d'écolage des enfants, paiement des professeurs, fournitures, aides aux cantines, réparations des structures etc...etc....MAIS j'insiste: il s'agit d'une petite association qui ne vise pas de grands projets mais des actions bien ciblées dans le domaine scolaire.

    Vous pouvez vous unir à nos efforts pour rejoindre un élan de solidarité avec Haïti sous différentes formes: par vos dons bien sûr mais aussi en recevant notre bulletin ou en participant à nos manisfestations (concerts, brocantes.....) OU MIEUX en venant rejoindre notre association.

    Les dons sont à adresser et à libelller à l'ordre se Amitié Haïti Sartrouville-Gonaïve 52 Av Jules Ferry 78500 Sartrouville. Un reçu annuel est établi pour déduction fiscale. Vous pouvez aussi me contacter à pierre-marie.abadie@orange.fr. Je vous donnerai bien d'autres infos