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  • Interview Europe 1

    http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/L-interview-verite-Thomas-Sotto/Videos/Le-jure-va-faire-l-experience-de-la-vision-de-la-souffrance-extreme-1811367/

     

    Cela peut vous concerner un jour directement et brusquement

  • Quelques vérités d'évidence....hors toute polémique

    1-/ La famille est l'institution la plus ancienne, bien plus que le mariage qui n'existait peut être pas il y a cent mille ans. Nul ne sait. En revanche, le petit nourrisson n'aurait pas survécu sans environnement humain, au paléolithique par exemple.

    2-/ La famille préexistait au droit, à la politique, aux religions.

    3-/ Pour la définition de la famille, le Droit ne répond pas. Il y a bien un "Droit à la famille" mais qui présuppose la notion bien plus qu'il ne la définit. L'ethnologie n'aide guère non plus puisqu'elle va de la famille élargie au clan.

    Dès lors, André Comte-Sponville a raison de dire que ce n'est pas le mariage qui fait la famille mais l'enfant. Deux époux sans enfant: ce n'est pas une famille mais un ménage ou un foyer. Alors qu'une mère célibataire qui élève seule ses enfants, - ou un couple, marié ou pas, hétérosexuel ou pas, - qui élève les siens forment une famille (y compris s'il s'agit d'enfants adoptifs).

    4-/ Ainsi définie, la famille est un fait universel. On connaît des sociétés sans mariage (les Na, en Chine, par exemple) on n'en connaît pas sans famille. Famille et mariage sont deux institutions distinctes, qui peuvent exister ensemble (modèle social dominant) mais aussi séparément (aujourd'hui, de plus en plus d'ailleurs).

    5-/ Il est faux de confondre la crise du couple, ou sa fragilisation (divorces, séparations.....) avec une prétendue crise de la famille, la plus prisée de toutes nos institutions, la plus solide aussi.

     

  • UTOPIE

    Nous savons, tous, que nous avons besoin de rêves et de projets. Nous avons besoin de plus encore. Il nous faut une utopie, concept difficile à définir, quelque chose de supérieur, qui nous dépasse et dont la réalisation est particulièrement incertaine et aléatoire, vraisemblablement inaccessible. T. More parlait d'une aspiration à un monde parfait et juste, Platon d'une république égalitaire. L'utopie s'adresse autant à l'individu qu'au collectif, à l'homme qu'à la collectivité. la conception d'une politique peut avoir un volet "utopie." A ne pas confondre, cependant, avec chimère.

    E.Galeano,en donne une belle définition .

    "L'utopie est à l'horizon. Je me rapproche de deux pas, elle s'éloigne de deux pas. Je chemine de dix pas et l'horizon s'enfuit dix pas plus loin. Pour autant que je chemine, jamais je ne l'atteindrai. A quoi sert l'utopie? Elle sert à cela : cheminer !"

  • Pour une finance au service du bien commun

    La crise actuelle n'est pas seulement économique et financière; elle est systémique. Elle puise ses racines bien au-delà de l'apparent rééquilibrage entre l'économie réelle et l'activité financière. Elle est la conséquence de la pression qui, année après année, a fragilisé les assises matérielles, sociales, intellectuelles et éthique de notre système socio-économique.

    Un constat. Depuis les années 1980, la place de la finance n'a cessé d'augmenter aussi bien dans l'économie que dans les représentations et aspirations des acteurs politiques, économiques et sociaux. Ce processus de montée en puissance de pratiques, de techniques mais aussi de valeurs inspirées par la finance est qualifié de "financiarisation". Cette dernière a transformé l'économie et la société contemporaine en les organisant autour d'une nouvelle cohérence articulée sur l'efficacité financière et une vision du temps linéaire spécifique à la finance.

    Deux conséquences:

    1/-La financiarisation a débouché sur la prééminence de la transaction au détriment de la relation. La transaction est une quête du "gain en capital", capture immédiate de revenus futurs actualisés. Ce qu'on appelle la "titrisation" est une technique pour se débarrasser du risque (de non remboursement ) sur un tiers. La relation basée sur la durée et la confiance s'est affaiblie avec une montée en puissance de la méfiance. Qui porte le risque?

    2/-L'ethos de l'efficacité, émancipée de l'autorité de la morale, a progressivement encouragé l'expression de plus en plus brutale de la cupidité.

  • Démocratie et croissance économique (note revisitée)

    On a envie de corréler Démocratie et efficacité économique au point de considérer que seule la Démocratie est apte à assurer l'optimum de croissance. Cela nous convient bien, à nous démocrates, et cela confirme le sous bassement théorique des organisation internationales actuelles. Tout paraît du domaine de l'évidence; hélas ni les études théoriques ni les travaux empiriques ne valident unanimement ce point de vue. C'est un thème particulièrement compliqué.

    -  L'EVIDENCE: la démocratie semble favoriser l'efficacité économique, certains parlant même de démocratie de marché plutot que d'économie de marché 

    La démocratie ne s'enracine et ne survit que dans les pays ayant atteint un niveau élevé de développement et d'éducation. Il y aurait donc des liens de causalité et  un sens des causalités. C'est la thèse d'Adam Przeworsky dans "Democracy as equilibrium"où il soutient que la probabilité que la Démocratie survive s'accroit de manière régulière avec le revenu. Il ajoute empiriquement qu'aucune démocratie ne s'est effondrée au delà d'un revenu par tête de 6200 dollars. En revanche, l'espérance de vie d'une démocratie en dessous de 1000 dollars de revenu par tête est de moins de 6 ans. Amartyan Sen ne dit pas autre chose lorsqu'elle affirme qu'"à égalité de ressources et de conditions de la production agricole, il n'existe pas de famines dans les démocraties" là où on en trouve en régime autocratique.

    La démocratie réduit les insécurités économique. Le droit de propriété est garanti, les libertés économiques assurées...toutes choses favorisant l'activité et l'investissement interne et, encore plus, externe. Elle permet d'élever le niveau de bien être des populations et donc est un incitateur puissant à la propension à consommer. Enfin, d'un point de vue socio-politique, les formes institutionnalisées de la participation politique autorisent de plus grandes possibilités d'expression sans qu'il soit nécessaire de recourrir au conflit et aux luttes civiles. Une meilleure coopération entre catégories sociales devrait se traduire par une plus grande efficacité économique. Toutefois, l'expérience montre que loin de réduire les inégalités, les démocraties les ont plutôt accentuées.

    - La CONTRE-EVIDENCE: La Chine aujourd'hui, La Russie, d'autres "tigres économiques d'Asie ou du Sud" le Pérou, le Chili hier etc....

    Le développement économique en Orient et Extrême Orient a été l'un des facteurs majeurs du XXème siècle. Tout a commencé avec le Japon puis les 4 dragons d'Asie puis les autres...On ne peut plus assimiler richesse et Occident, sous-développement et reste du monde. Il a fallu, respectivement 47 et 58 ans à la Grande Bretagne et aux USA pour doubler leur PNB alors qu'il en a fallu deux fois moins au Japon et seulement 10 ans pour la Chine et moins encore pour l'Indonésie. Il faut savoir que la richesse, comme la puissance, est censée être une preuve de vertu, une preuve de supériorité morale et culturelle. C'est aussi plus d'autonomie "Une grosse fièvre en Amérique ne provoquera pas un rhume en Asie". L'éthique du travail dans ces pays à fort développement économique fait de discipline, de loyauté du sens du collectif, le sentiment que le groupe et le pays sont plus importants que l'individu ont été considérés comme des valeurs fondatrices du modèle asiatique.

    Tous ces pays  tendraient à prouver que l'efficacité économique serait plutôt du côté des régimes forts non démocratiques. On sait depuis longtemps, que l'une des meilleures formes de régime politique pour les pays sur le chemin de la transition ou du développement serait (hélas !) la dictature....même si l'Afrique ne valide pas empiriquement cette thèse puisque consubstantiellement se conjuguent sous développement et dirigisme. L'inde, qualifiée (à tort me semble t il) de + grande démocratie du monde est une pseudo démocratie de castes. C'est une autocratie. Un régime fort serait de nature à rejeter toute vélléité de protection sociale pour ne privilégier que l'efficacité économique.Il est intéressant de constater que les régimes autoritaires sont naturellement portés à une application totale du libéralisme puisque, selon la doctine libérale, l'essentiel est que les marchés soient libres. La liberté politique serait un luxe et seuls les pays à un stade de développement économique avancé auraient les moyens  de se "payer" une réduction du taux de progrès économique pour un + en démocratie. 

    - Le cas de la France et des pays occidentaux : un "trade off" dangereux

    En Démocratie, la loi de la majorité conduit nécessairement à l'émergence de préoccupations sociales. La tentation cependant, est  d'échanger un peu moins de démocratie contre un peu plus d'efficacité économique en réprimant la "demande sociale" ce que dénonce parfaitement JP Fitoussi dans "la démocratie et le marché". En france, comme en Occident on a cru atteindre le point nodal lorsque pendant les 30 glorieuses les succès du néo-libéralisme économique s'accompagnaient  du respect des libertés publiques fondamentales. Comme je l'ai dit dans une précédente note tout cela s'est fracassé sur plusieurs écueils  nous laissant dans une crise qui est une épouvantable "gueule de bois". Plus que jamais nous sommes dans une société crispée qui n'avance plus et nos difficultés économiques pourraient vite générer des problèmes de démocratie si les forces politiques extrêmes venaient à imposer leurs vues. Nous avançons pareils à ces anciens aristocrates qui, ruinés, portaient beau avec  l'arrogance et la fatuité au bout des lèvres. Pathétique!