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  • MERVEILLES picturales de Venise

  • MERVEILLES picturales de Venise

  • "Ce que je suis est largement ce dont j'hérite"

    "Je suis né dans mon enfance: c'est mon pays"..... "On ne guérit jamais de son enfance"... Nombreuses sont les maximes qui traduisent l’irréductibilité du poids de nos appartenances. Nous héritons d'un patrimoine génétique. "On nait bourreau ou esclave, dominant ou dominé, sensible ou réaliste, à des degrés divers sous des formes variables. Il y a aurait donc un déterminisme inéluctable dans notre vie. On le voit déjà dans la cour de récréation où émergent les leaders, parfois les victimes aussi. A un standard téléphonique chargé d'écouter les êtres en détresse, j'ai constaté que ces personnes blessées avaient toutes subi à leur enfance un choc traumatique qui les avait marqué au fer rouge dans leur âme.

    Rien ne vaut un proverbe africain pour dire tout cela :" C'est dès l'aurore que l'on connaît la bonne matinée"

    Mais tout cela reste une façon de voir très controversée. Il existe - effectivement - tout un corpus de théories et de doctrines plus ou moins volontaristes, plus ou moins prométhéennes, qui font valoir que l'on se construit soi même. Depuis Rousseau qui faisait primer l'environnement extérieur dans la construction de la personnalité jusqu'à Camus et surtout jusqu'aux existentialistes. "L'homme est la seule créature qui refuse d'être ce qu'elle est"; "Nous finissons tous par avoir le visage de nos vérités". En effet, les existentialistes considèrent que l'être humain forme l'essence de sa vie par ses propres actions et décide des valeurs qu'il compte adopter. La meilleure synthèse est donnée par Sartre " l'existence précède l'essence". Un apport considérable sera aussi réalisé ensuite par la phénoménologie (Husserl) qui décrit la façon dont les choses se donnent à la conscience: "On voit les choses telles qu'on est et non pas telles qu'elles sont"....

    En réalité l'existentialisme s'oppose aux théories déterministes qui, on l'a vu au début, font précéder l'essence à l'existence. C'est capital car pour Sartre et ses disciples l'homme façonne lui même ce qu'il croit juste ou vrai et il est donc seul responsable devant lui même de la civilisation et du monde dans lequel il évolue. C'est un hymne à la liberté.

  • VIVRE ENSEMBLE ? ... explication de texte

    Dans notre société, plus de diversité, est ce moins d'unité? ou plus de chances?

    Nous avons souvent, chez nous, un sentiment croissant de fragmentation et de tension. La société étant  plus diverse, est elle, de ce fait, plus divisée? Il faudrait alors superposer divisions et diversités. Ce serait une erreur. Rien n'empêche d'imaginer que la France soit au contraire plus féconde, plus inventive, plus dynamique en raison de l'accroissement de ses facettes....à condition de ne pas juger les autres comme étant menaçants parce qu'ils sont différents. Il nous faut résoudre ce que Roger-Pol Droit appelle "l'équilibre instable de la vie collective".

    Le même auteur dit que:

    - pas de vivre ensemble sans une forme d'unité (à tous les niveaux de l'Etat); sans elle, nos oppositions se transforment en rivalités, nos dissensions en mal-être pour un mal-vivre

    - pas de vivre ensemble sans diversités qu'il faut écrire au pluriel car il en existe quantité: de croyance, d'éducation, de goût, de vie, de revenus, de territoire etc....

    Entre ces deux pôles, l'équilibre instable se met en place. Trop d'unité et l'uniformité guette avec risques de centralisme et d'autoritarisme. Trop de diversités et le chaos se profile, les disparités finissant par fracturer les liens.

    La lutte des identités a remplacé la lutte des classes du siècle précédent et l'affrontement des races. L'unité du monde exacerbe les intérêts et la diversité se perçoit comme une concurrence. Jean-Paul Delevoye dit très joliment: "L'avenir est perçu comme survie non comme espoir; il nous faut le réhabiliter- pour retrouver notre capacité à agir et à forger une unité de destin."

    Tous les partisans d'une refondation de la société invitent à redéfinir les rapports de l'individu et de la collectivité. Il faut des garanties qui permettent à chaque citoyen de libérer pleinement ses capacités. Il faut que l'action publique fasse tout pour délivrer l'individu des forces anxiogènes qui l'assaillent: peur du religieux, du multiculturalisme, du déclassement... Les peurs infiltrent notre corps individuel et collectif comme un virus. Robert Castel nous dit, superbement, "il faut changer nos peurs par des désirs".

    Vivre ensemble n'est pas l'affaire des pouvoir publics c'est notre responsabilité à tous.

     

  • Assez des discours péremptoires !

    Se montrer catégorique toujours et partout participe à un des travers majeurs de notre époque. Alors que notre société devient plus imprévisible, plus complexe, moins aisément déchiffrable, les discours se font plus péremptoires.

    (dictionnaire: péremptoire = "à quoi on ne peut rien répliquer, rien objecter"..)

    Plus la nature des convictions devient floue, plus la parole, par compensation, se fait tranchante. La violence reptilienne de l'expression vient pallier, en somme, la fragilité du contenu. On assène une affirmation faute d'avoir la patience de raisonner. Le phénomène ne se réduit pas à une simple question de langage mais, parfois, à un déni de voir notre monde muter ou à la paresse de vouloir le comprendre.

    C'est souvent le cas des leaders d'opinions et de ces journalistes "je sais tout" qui traînent sur tous les médias d'infos en continue. Les vieux cabots du spectacle politico-médiatique n'ont pas vu le changement de paradigme civilisationnel. Jean claude Guillebaud, chroniqueur si pertinent et dont pas mal d'idées sont reprises dans cette note, dit même "qu'ils campent dans cet ancien théâtre où ils ont encore leur strapontin; ils véhiculent souvent une image qui a juste survécu à sa disparition comme la lumière des étoiles éteintes nous parvient encore du néant". Pas mal non?...

    C'est aussi le cas de rencontres dans notre vie personnelle. Les êtres péremptoires sont redoutables! ils sont des obstacles à l'échange, au partage et à la communication des idées. Fuyons les péremptoires ! Ce sont souvent des paranos, des dogmatiques, qui n'ont pour souci que d'affirmer leur supériorité.