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  • Un peu d'ELUARD dans ce monde de brute et de bruit

    "Si je te parle, c'est pour mieux t'entendre

    Si je t'entends je suis sur de comprendre

     

    Si tu souris c'est pour mieux m'envahir

    Si tu souris, je vois le monde entier

     

    Si je t'étreins c'est pour me continuer

    Si nous vivons tout sera à plaisir

     

    Si je te quitte nous nous souviendrons

    En nous quittant, nous nous retrouverons"

     

    Paul ELUARD  "Certitudes"

     

     

  • "La vertu inattendue de l'ignorance"

    Cela sonne comme un conte de Voltaire, avec un Candide heureux, encore disciple de Pangloss, dans les bras de Cunégonde  désireux de cultiver son jardin . Cette maxime, -  en exergue d' un  film  oscarisé encore sur les écrans- , soulève une immense problèmatique. A-t-on intérêt à être instruit, intelligent, ouvert sur le monde, conscient de tout - ou - ne vaut-il- pas mieux être ignorant et candide? A cette question les philosophes et la Bible nous donnent deux réponses.

    Les philosophes. Le bonheur n'est pas un état stable et durable qu'on pourrait obtenir seul par des exercices de sagesse ou un travail sur soi. Il dépend plus des autres et de l'état du monde extérieur. On ne peut pas être heureux quand d'autres sont plongés dans le malheur. Seule la vie monacale permettrait d'accéder au bonheur et à la sagesse car les moines sont des candides retirés du monde. Comment peut on dire oui à la vie quand elle a la tête du champ de guerre en Syrie, en Irak, ou, plus modestement de l'autre côté du périf, de la femme divorcée et seule.

    La Bible. Elle dit la même chose mais différemment. "Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance" ( 1 Corinthien, 12,26) et souffrent donc.... Si la Providence avait voulu que nous fussions heureux, elle ne nous aurait pas donné l'intelligence.

    Conclusion: la vertu inattendue de l'ignorance. On peut aussi le dire autrement et avancer ce qu'un jour j'ai trouvé au travers de mas lectures : "Tout ce qui doit être appris ne mérite pas d'être su". Nous sommes de plus en plus des "citoyens du monde" et donc nous nous éloignons du bonheur bonheur

  • Incomparable et attachante AFRIQUE

    Passage du livre de R.Kapuscinski "la guerre du foot" cité dans le blog du formidable PH. Rochot

    "En Afrique, le bar est une deuxième maison. Chez soi on ne peut pas rester assis car il n'y a pas de place. C'est la grisaille et la misère. Les femmes ont tout à faire et se querellent, les enfants pissent dans les coins. Le bar est un coin de liberté. ( un peu macho cette remarque !...). On peut y aborder n'importe quel sujet. C'est un lieu de débat, de discussions, de philosophie, de liberté. Le bar s'empare d'un sujet, l'examine, le retourne dans tous les sens pour parvenir à la vérité. Tout le monde s'en mêle. Peu importe le thème de la discussion. Ce qu'il faut, c'est participer. S'exprimer. Le bar africain, c'est le forum de la Rome antique, la place du marché de la cité médiévale, la cave à vin de Robespierre; c'est là que les opinions naissent, idolâtres ou destructrices. C'est là que l'on est hissé sur un piédestal ou foulé sur la terre battue. Ragots, fièvre, foule. Ici on s'entend sur le prix d'une nuit, là on établit le programme de la révolution, à côté on recommande un bon sorcier, plus loin on raconte l'histoire d'une grève. Dans un bar, vous avez tout à la fois: le club et le mont de piété, le lieu de promenade et le porche de l'église, le théâtre et l'école, le bordel et la cellule du parti.....