Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Témoignage (annonce de son cancer)

Je n'oublierai jamais - lors de l'annonce de mon cancer - certaines mots venant de personnes qui se voulaient pourtant très chaleureuses mais qui faisaient preuve d'une vraie maladresse  . Notamment, leurs incantations de  "télé-réalités" avec des "Bats toi", "ne lâche rien", "accroche toi"... et j'en passe!

Celui qui apprend brusquement son cancer ne se sent pas sur un champs de bataille. Pas encore. Cela viendra. Ces mots, , tellement décalés lors de l'annonce de la maladie mortifère, prendront, dans un avenir plus ou moins proche, toute leur pertinence. Mais bien plus tard. Lorsque, personnellement, j'ai été formé pour l'écoute (téléphonique) de personnes en profonde détresse, le premier principe appris voulait de ne SURTOUT pas minimiser le problème ou le malheur qui vous était confiés, mais, au contraire, de le trouver immense, en parfaite symbiose avec le ressenti de l'appelant. Au même diapason. A la même hauteur.

Autre danger: la dramatisation.

Lors de l'annonce de mon cancer et alors que se profilaient tests et contrôles du (premier) "protocole" fixé par l'oncologue, certains m'ont dit: "es tu prêt à tout entendre?". J'ai eu la peur de ma vie et je me suis senti "me dissoudre" comme un électrocuté qui ressentirait tout et rien à la fois ! ! !

Enfin, autre tentation si courante:

Face au nouveau porteur de la maladie, les personnes se sentent obligées de dire que l'un de leur proche (une arrière tante "Ernestine", un oncle "Marcel", ou un voisin "Théodule"....) a eu la même chose et qu'il en est mort ou qu'il est toujours bien vivant. Je vous le dis tout net: le malade s'en fout!

De toute façon, il est très difficile de trouver les mots justes face à celui qui a appris son cancer. Il n'y en a pas. Un regard, un sourire, une présence par un petit mot...tout au plus. La plus efficace des théologies est de s'assoir et déprendre la main de celui qui souffre.

Merci de me dire ce que vous pensez. Je doute de la pertinence de ce que je viens d'écrire....mais je me désole de ne pas dialoguer

Les commentaires sont fermés.