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  • L'ECONOMIE DU PARTAGE

     

    L’économie du partage ou dites aussi collaborative est un secteur récent, mais dont le décollage fulgurant et le clonage dans des champs variés de l’économie en font un modèle à fort potentiel. Il s’agit d’un nouveau modèle de production et de consommation où l’usage prédomine sur la propriété et qui prend tout son sens à l’heure du web social. Celle nouvelle économie s’appuie sur quatre piliers au cœur des enjeux de nos sociétés en recherche de modèle économique alternatif.

     

    • Le pilier économique.

     Le partage, le collaboratif, c’est la mutualisation des moyens, et donc un partage des dépenses. C’est le pilier le plus attractif en temps de crise. Ceci explique, sans doute, le rapide essor de l’économie collaborative à mesure que se creusait la dépression du cycle économique.  Il permet de convaincre les pragmatiques et d’aider les personnes à maintenir leur accès aux biens de consommation. Le pilier économique n’est pas encore pleinement théoriser par les experts dans la doctrine économique, peut être parce qu’il échappe aux marqueurs traditionnels de la science économique.

    • Le pilier social.

     L’économie collaborative, comme son nom l’indique, repose sur la coopération entre les agents économique et entre citoyens. C’est une autre manière de produire ou de consommer en sortant de la grille de lecture libérale individualiste. A ce titre, c’est une sorte de révolution ! La remise en question de ce modèle aboutit au partage, au troc, au don, à l’échange. Au risque de l’exagération des mots : c’est une nouvelle philosophie de la vie

    • Le pilier environnemental.

     En permettant la circulation des biens, on évite qu’ils soient dupliqués dans un esprit de consommation de masse. Les effets - en termes de meilleure gestion des ressources naturelles et énergétiques-  sont indéniables.

     

    • Le pilier numérique.

    Les nouvelles technologies facilitent les connexions et les échanges à l’échelle internationale. Le numérique devient de plus en plus un outil au service d’une cause. C’est un maillon au sein d’une chaîne. Les plateformes sont les outils les plus aboutis à l’heure actuelle.

    L’économie collaborative est le nouveau cocktail qui a le vent en poupe. Ses ingrédients sont le reflet d’une base militante qui cherche à concrétiser ses valeurs à travers un renouvellement de la production et de la consommation, et plus généralement une transition de la place du citoyen dans la société. Son développement pourrait permettre de profonds remaniements sociétaux, en prenant garde aux nombreuses tentatives de récupération politique et économique (la grande distribution par exemple) sous forme de collaborative-washing. C’est un point important car, à l’heure actuelle, on assiste au dangereux dilemme d’un concept qui, pour s’étendre « risque de perdre son âme » en étant récupéré et galvaudé par des entités contraires à son esprit.

    Si l’on fait abstraction de ce péril, il existe plusieurs facteurs puissants d’expansion de l’économie collaborative

    • La production « peer to peer »

     La production n’est plus l’œuvre d’un seul protégée par des brevets empêchant un éventuel partage. Les personnes peuvent devenir productrices de services, on parle alors d’économie distribuée. ex : co-makers, co-working, airbnb, couchsurfing

    • La participation.

    Les citoyens peuvent prendre part à n’importe quelle phase de l’élaboration d’un projet. ex : finances participatives

    • Le libre accès.

     C’est un principe qui s’impose de plus en plus et qui est facilité par le web. ex : open data, logiciels libres

    • La relocalisation.

     Les liens entre producteurs et consommateurs se sont évaporés. La recherche d’une nouvelle relation entre les deux, incite à une relocalisation de la production. ex : Amap

    • La dématérialisation

    La dématérialisation répond au besoin de bénéficier d’un service et non plus de détenir un produit. C’est l’économie de la fonctionnalité. (ex : prêts d’objets et de services entre particuliers).

    • La dé-consommation.

     On passe de la surabondance à la sélection des produits. La qualité prime sur la quantité. ex : troc-, mais pas seulement. Il faut cependant ne pas faire d’amalgame avec les théories –pas toujours pertinentes ! – de la décroissance. La croissance peut être recherchée en dehors de la variable « consommation ».

    • La désintermédiation.

     Nous sommes dans une période de rationalisation. Pour consommer, produire à moindre coût, les intermédiaires inutiles sont supprimés, comme la grande distribution. Cette micro économie prend la forme d’un circuit court. ex : Amap, AirBnB

    • La mutualisation.

     Ce facteur permet la transition de la propriété individuelle à l’usage ou à la propriété collective. Ce qui importe n’est plus d’avoir un bien mais d’y avoir accès. Il faut néanmoins un propriétaire qui mutualise ponctuellement l’usage ou un achat mutualisé dont tous les propriétaires s’accordent entre eux pour la répartition de l’usage, comme une coopérative de consommation par exemple. ex : covoiturage, autopartage

    Le nombreux champ d’exploration témoignent du dynamisme de ce mouvement : transport, alimentation, travail, loisirs, finances, échanges de services ou de biens, etc.

     

     

     

    QUELQUES CHIFFRES

    En France, plus 2.200 000 personnes pratiquent le co-voiturage. A San Fransisco et à New York plus de nuits sont reservées sur Airbnb que dans tous les hôtels réunis Il y a plus de 4 500 000 « couch surfers » dans le monde.