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Livre

  • Faire part d' une rencontre interdite

    DSC01744.JPGDSC01743.JPGCe livre publié chez Dalloz est né d'un procès d'assises où j'étais juré et au terme duquel j'ai collectivement participé à une sanction extrêmement lourde pour l'accusé. Mon intime conviction n' a pas prévalu. J'estimais que la personne dans le box méritait la clémence.

    Après cette décision, "mes nuits ne furent pas aussi belles que mes jours" ! . Je ne cessais de penser à l'âme qui croupissait dans les geôles calamiteuses de notre république.

    Plusieurs années après, j'ai contacté l'avocate de la défense pour lui demander "que puis je faire pour cette personne   "injustement " incarcérée?.

    L'avocate, Marie Dosé, m'a envoyé balader! Sévèrement....

    J'ai alors écrit un livre témoignage sur mon vécu de juré. Il fut surtout une catharsis pour moi.

    L'avocate, pourtant accaparée par de célèbres affaires judiciaires en cours, est alors revenue vers moi et ce livre reproduit le dialogue de notre rencontre, un échange assez vif, complice aussi...parfois.

    Ce second livre a donc une thématique semblable au premier mais il est écrit avec un prisme volontairement moins pédagogique et plus provocateur que le premier.

     La 4ème de couverture vous en dira plus sur le contenu de l'ouvrage.

    Tous, vous pouvez être juré demain. Ce livre essaye de vous dire ce que cette fonction recouvre en termes de charges émotives, d'expériences de vie, d'exigences fortes, de rapports de forces, de pouvoirs reconnus mais de moments de solitude aussi.

    Ce nouvel ouvrage aborde des questions que nous nous posons souvent:

    "la défense des êtres les plus odieux et les plus pervers",

    "la place de la vérité et de la morale aux assises, surtout pour lesz avocats"

    "le rapport de ces valeurs avec le droit"...

    L'avocat et le juré confrontent leur approche respective.

    Ces pages vous diront le terrifiant pouvoir de juger, une fonction usurpée aux dieux et qu'on accomplit dès lors qu'imparfaitement.

    Malraux avouait que "juger c'est ne pas comprendre; si on comprenait, on ne jugerait pas". Il avait raison.

    Cliquer sur le lien ci-après


     

     

  • Publication de mon livre sur mon expérience de juré d'assises

     

    Je suis heureux de vous annoncer que L'Harmattan vient de publier mon ouvrage.

    C'est d'abord un témoignage sur:

    - le fait qu'il existe une probabilité de joueur de loto pour participer aux assises comme juré titulaire. Il faut franchir 4 tirages au sort avant d'espérer siéger; il faut aussi dépasser le stade de la récusation. J'y dévoile les dessous de cette décison baroque laissée à l'appréciation des avocats de la défense et du procureur, souvent pour des motifs obscurs peut être même fantaisistes.

    - l'immense souffrance qui se manifeste dans le prétoire. Le prétoire est d'abord un réceptacle de douleurs extrêmes où résonnent des cris, des pleurs et des menaces, une pièce où sont exhibés les actes les plus vils commez les actions les plus nobles. L'enquête de personnalité fouille dans la vie de l'accusé dans tous ses aspects sentimentaux, sexuels, relationnels depuis l'enfance...surtout pendant l'enfance dont on ne guérit jamais, comme on le sait. Tout est fait pour dénicher l'évênement traumatique d'hier qui puisse expliquer le comportement reproché aujourd'hui. La perversion de l'accusé est un plat qui régale les avocats. Les experts sont là pour le servir à toutes les formules surtout les plus épicées.. Les magistrats y sont habitués. Ils ont l'indifférence des repus. Pas moi. Pas les jurés qui ont du mal à avaler. On ne sort pas indemne de ce qu'on entend souvent à huis clos. On est traumatisé à vie.

    - l'impudeur et la crudité des propos qui s'y profèrent. On entend aux assises des propos d'une grossiéreté insoupçonnable qui rend les plaisanteries de carabins d'une légèreté de conte de fée. Dans mes quatre procès j'ai vu des hommes mis à nu qui- pour se défendre (ou pour attaquer l'accusé)- ont usé des invectives les plus crus, des attaques les plus sordides. On les connait dans les cagibis de commissariat de police. Ici, elles sont plus abominables encore car les acteurs du procès, souvent profondément atteints dans leur dignité, ripostent comme des bêtes blessées: sauvagement, aveuglement, cruellement. Le juré souffre aussi. Je n'ia jamais vu quelqu'un pour le dire.

    - le terrifiant pouvoir de juger. Le juré prète serment et il dit, devant l'ensemble du tribunal, sorte de théatre où se déroule une cérémonie expiatoire:"je le jure". Dans ce "je le jure" remontent des souvenirs d'enfance, de cour de récréation où il faut jurer pour être cru. Là il n'est plus question de fariboles mais d'actes qui engagent, devant des juristes en habit de cérémonie . Le juré est pris de vertige. Il va décider de la trajectoire de vie d'un être. Il est en apné. Rien, absolument rien ne l'a préparé à cette fonction, l'une des plus hautes donnée à un citoyen: juger son prochain, ce que ne permet pas, au demeurant, les principales religions monothéistes.

     

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    Je dénonce aussi:

    - la solitude extrême du juré qui se trouve seul face à des corporations multiples (celles des avocats des greffiers, des magistrats, des experts etc). Le juré est d'abord un être isolé. Certes, il est dans un groupe mais un groupe qui est renouvelé à chaque procès. Il ne sait rien du déroulement des procédures. Il a peur de mal faire. Evidemment, il écoute son president qui, lui sait. Dès lors naît naturellement l'autorité du magistrat. La peur fait rassembler un peu plus à celui qui a l'autorité. Le juré est sous influence dès le début.

    - l'influence déterminante des magistrats qui, en définitive, fixent la décision finale de culpabilité ainsi que le montant de l'attribution de la peine par une manipulation constante des jurés notamment en salle de délibération. Par de nombreuses manipulations que je décris dans ce livre, les magistrats procèdent à un dévoiement grave de la justice populaire que voulait le législateur lors de la création des jurys en 1791.

  • "Indignez vous" oui !.... mais trop c'est trop !

    images[3].jpgLe succès du livre de Stéphane Hessel est énorme. Tous les médias le célèbrent par des éloges dithyrambiques et unanimes. On se frotte les yeux : d'émotion, d'abord, car l'auteur le mérite et on se réjouit ; d'incrédulité, ensuite, car le fascicule ne fait que 20 pages qui dénoncent ce qui a été villipendié ailleurs, de manière souvent plus argumenté.

    Pourquoi ce succès? 3 raisons me semble-t-il: 

    1/Stéphane Hessel a un passé exemplaire, tout à fait exceptionnel, et l'homme est sympathique et plein d'humilité (un Homme rare !); il fallait le voir a Canal+ face aux requins de la communication s'en tirer de manière lumineuse et émouvante. On adhère à ce Grand Bonhomme.

    2/ il dénonce ce que les gens ont envie de voir dénoncer ou rejeter et fédère en quelques pages un ressenti général.

    3/ il est extrêmement concis, trés peu de pages, et cette briéveté fait sa qualité première puisque personne n'a plus le temps de lire de longs rapports. Son livre est un cri.

    Pourquoi trop c'est trop

    Je suis perplexe face à ce battage médiatique car le livre est dramatiquement incomplet et s'arrête au milieu du guêt. S'indigner, c'est bien ! mais ce n'est qu'un constat, un arrêt sur image. Manquent les propositions d'action et de changements. Stephane Hessel vient au chevêt de notre société, lui passe une radiographie mais ne dit pas comment le patient peut s'en sortir. Oui le radiologue est excellent...mais le travail de rédemption est à faire. A la vingtième page, on se trouve un peu abandonné. S'indigner n'est rien sans l'action. Si l'on croit qu'un "autre Monde est possible" il faut agir. L'indignation n'est que l'humus de la révolution. Ce qui choque aussi chez Hessel, c'est son attachemenau passé . Hessel voudrait restaurer la grandeur et la prospérité de la France; il y a des problèmes de pauvreté plus importants que la perte des acquis sociaux. La nostalgie n'est pas un système de pensée.