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argent

  • De l'argent et du Capitalisme

    On sait tous qu'avec le Capitalisme, l'argent n'est plus seulement un moyen , un intermédiaire; il devient une fin en soi....D'ailleurs, J.M Keynes disait qu'il y a deux façons d'atteindre l'immortalité: la création artistique et l'accumulation d'argent.

    Mais s'agissant de l'argent comme moyen, c'est déjà un moyen absolu. Il permet d'acquérir tout ce qui est à vendre. La valeur d'un outil étant déterminé par la valeur de ce à quoi il sert, l'argent est un outil universel qui est le plus valorisé de tous. Une somme d'argent vaut plus que la somme des biens qu'elle permet d'acheter car elle apporte à son possesseur quelque chose de plus: la liberté de choix.

    Ceci explique aussi, dans une transaction, la supériorité (a priori) de l'acheteur qui détient l'argent sur le vendeur qui n'offre qu'un bien particulier; mais l'offre est "price maker" bien souvent sauf en des domaines hautement concurentiels. L'application de ce principe est éclairante sur la domination du capitaliste, qui avance l'argent, sur le salarié qui n'a à offrir "que" sa force de travail.

    Dostoïeski parlait de "liberté frappée"

    L'argent est en effet un moyen d'émancipation. On dit d'ailleurs du paiement qu'il est "libératoire": l'argent libère des obligations. Il a partie liée avec l'individualisme ( ah ! ah ! individualisme et capitalisme riment bien ensemble...)en ce qu'il offre la possibilité de se désengager des relations familiales ou communautaires et suscite un sentiment d'indépendance.

    Intéressant aussi ce que dit Karl Marx sur l'argent: "Ce que je suis et ce que je peux n'est pas déterminé par mon individualité. Je suis laid mais je peux me payer la plus belle femme; donc, je ne suis pas laid car l'effet de la laideur est anéanti par l'argent. Je suis un homme mauvais mais l'argent est vénéré donc aussi son possesseur; l'argent est le bien suprême donc son possesseur est bon; l'argent m'évite la peine d'être malhonnête: on me présume donc honnête"

  • Sur l'argent : leçon pathétique

    Dans l'excellent livre "Capitalisme et pulsion de mort" de G. Dostaler, l'auteur rappelle une phase terrifiante de JM Keynes (Perspectives économiques, leçon pour nos petits enfants 1930)

    "L'amour de l'argent comme objet de possession - distinct de l'amour de l'argent comme moyen de goûter aux plaisirs et aux réalités de la vie -  sera reconnu pour ce qu'il est, une passion morbide plutôt répugnante, une de ces inclinations à moitié criminelles, à moitié pathologiques, dont on confie le soin en frisonnant aux spécialistes des maladies mentales."

    Dans notre société qui devient de + en + une société de rentiers au comportement patrimonial , les grands possédants accumulent de l'assurance vie et des logements vides tout comme leurs grand parents serraient leurs lingots d'or (image récemment utilisée par un prof de ScPo dans "Le Monde") . Dès lors, les possédants ont à réfléchir si keynes a raison