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mort

  • Paradoxe et ambivalence

    C'est quand je suis bien dans mon corps et dans mon esprit que je pense à la mort.

    Elle m'apparaît comme le terme normal de la partition de la vie qui a eu ses allegretto joyeux et ses largo  profonds. Il convient de préparer le finale pour que le délabrement de l'écorce corporelle ne génère  pas de malencontreuses dissonances  qui ternissent la symphonie dans ses dernières notes. La mort est une délivrance. Elle nous libère de nos impuissances, de nos regrets et de nos humiliations. Elle est une accession au repos et c'est le sens de tout requiem. Elle peut donc être apprivoisée comme nous le prouvent d'autres cultures. Je les ai écoutées. Elle est un départ vers ceux que nous aimons et qui nous ont précédé en disparaissant à l'horizon, tel le voilier que échappe à nos yeux.

    C'est quand je suis mal dans mon corps et dans mon esprit que je chasse  l'idée de la mort 

    Elle m'apparaît alors comme la face hideuse de l'ombre froide et inconnue. Rien ne vaut la vie et j'ai besoin de sentir et de penser que les forces de vie l'emportent toujours et partout. Qu'elles font reculer la peur. Seuls existent des hymnes à la vie, pas à la mort qui ne mérite aucun lyrisme. Quand je ne vais pas bien, je sens la mort plus proche et ce souffle fétide qu'elle exhale, dans la proximité, décuple mes forces pour la repousser. Je sais que les derniers instants se passent dans l'arrière cour, celle de soins palliatifs où la morphine transforme les râles en silence et la douleur en apaisement. L'absence sera une violence faite aux proches. Il faut donc vivre chaque instant comme une minute d'éternité.

    Assymétrie, paradoxe et ambivalence de l'idée de mort.

  • (Vive) recommandation de lecture

    Je viens de lire un livre (difficile par le sujet) mais formidable par le témoignage qu'il représente. Son titre est un peu sinistre (et agit comme un repoussoir); il s'agit de "La mort intime" de Marie de Hennezel. Mais le  sous-titre est déjà plus éclairant ("ceux sui vont mourir nous apprennent à vivre"). L'investissement que représente sa lecture est gratifié du plus fort des dividendes: on se sent galvanisé par le merveilleux cadeau qu'est la vie. Au dernier mot de ce livre, on a une bouffée de joie et d'optimisme. Et pourtant, il nous parle des derniers instants de vie alors même que s'avance inexorablement  l'ombre de la mort.

    "Ceux qui ont le privilège d'accompagner quelqu'un dans ses derniers instants de vie savent qu'ils entrent dans un espace temps trés intime. La personne, avant de mourir tentera de déposer auprès de ceux qui l'accompagnent l'essentiel d'elle même. Par un geste, une parole parfois un regard elle tentera de dire ce qui compte vraiment et qu'elle n'a pas pu ou su dire"

    Ce livre apprend que le temps qui précède  la mort, peut être aussi un temps d'accomplissement de la personne et d'une transformation de l'entourage. Bien des choses peuvent se vivre. Dans un champ plus subtil, plus intérieur dans le champ de la relation aux Autres.Quand le corps est altéré, vaincu, on peut encore aimer et se sentir aimé. Ce livre montre qu'auchevet du mourant on peut se dire l'essentiel, échanger des paroles d'amour, de gratitude, de pardon. Trop souvent ce moment unique, essentiel e la vie, est entouré de silence et de solitude.

    "la mort est comme un miroir: ce qu'on voit dedans, c'est sa vie. ceux qui ont le sentiment d'avoir pleinement et intensément vécu, ceux qui ont derrière eux une épaisseur de vie, ceux là n'ont pas d'angoisse métaphysique qaund vient le dernier souffle"

    "La mort intime" de M. de Henezel est un hymne sublime à la vie. S'il vous plait, lisez le !

  • Sur l'argent : leçon pathétique

    Dans l'excellent livre "Capitalisme et pulsion de mort" de G. Dostaler, l'auteur rappelle une phase terrifiante de JM Keynes (Perspectives économiques, leçon pour nos petits enfants 1930)

    "L'amour de l'argent comme objet de possession - distinct de l'amour de l'argent comme moyen de goûter aux plaisirs et aux réalités de la vie -  sera reconnu pour ce qu'il est, une passion morbide plutôt répugnante, une de ces inclinations à moitié criminelles, à moitié pathologiques, dont on confie le soin en frisonnant aux spécialistes des maladies mentales."

    Dans notre société qui devient de + en + une société de rentiers au comportement patrimonial , les grands possédants accumulent de l'assurance vie et des logements vides tout comme leurs grand parents serraient leurs lingots d'or (image récemment utilisée par un prof de ScPo dans "Le Monde") . Dès lors, les possédants ont à réfléchir si keynes a raison

  • Humbles réflexions sur la souffrance et la mort

    On se prépare à tout, sauf à la mort. La grossesse se prépare; l'enfant qui naît sera préparé à la vie : les parents l'accompagneront, l'éducateur le formera. La vie professionnelle aura des paliers successifs au grés de stages accumulés . Dans le quotidien de la vie, on arrangera de longue date une fête ou un départ. Les conseils pour l'après carrière vont se multiplier pour garantir une retraite seraine. Seules la souffrance et la mort ne sont jamais préparées. Pas de conseil, pas de stage, pas de formation. Il y a bien les soins palliatifs mais dans le "ghetto" de l'hôpital pour les patients en fin de vie.

    Le temps de la souffrance comme l'approche de la mort accroissent pourtant les fragilités dans toutes les dimensions de l'être: physiques, psychologiques, spirituelles, intimement liées les unes aux autres. L'homme heureux ne sait pas comment le trouveront la souffrance et la mort. Elles ouvrent un mécanisme de rupture, d'exclusion et donc de solitude. C'est le domaine du non-partage. Que sait la main qui tient la main du mourant sur ce qu'il endure dans sa chair et dans son âme, dans sa foi et dans ses doutes ? La solitude de Gethsémani a vu le cri désemparé du Christ "Père pourquoi m'as tu abandonné".

    Il faut aussi en finir avec l'idée d'une souffrance expiatoire et éducatrice, idées chrétiennes dépassées. Elle est comme la mort, une énigme. "Le meileur théologien, c'est celui qui garde le silence et s'assoit à côté de celui qui souffre". Il faut se préparer à affronter la solitude. Le meilleur moyen est, peut être, de se rapprocher au plus tôt de ceux qui endurent les maux du corps et les affres du "passage" prochain. Le bien portant doit savoir que le souffrant l'attend. Le mouvement vers l'Autre construit l'humanité de tous. Les personnels de santé et d'aumônerie ont leur rôle. Nous y avons, me semble-t-il, le notre aussi. Nous y gagnerons une propédeutique pour affronter l'ultime épreuve que nous allons vivre, à plus ou moins long terme. Parfois, nous constaterons sur le visage du mourant qu'il porte en lui même une "force de résurrection".

    J'ai été visiteur d'Hopital, il y a quelques années. J'y ai plus appris sur le parcours de la vie que dans les Universités. C'est mon "diplôme" le plus utile.