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révolution

  • A contre courant...

    A contre courant.... car l'Afrique donne avec la Lybie et la Côte d'Ivoire des images négatives de ce grand et  beau continent. Les médias répercutent les exactions de dictateurs plus ou moins fous, donnent des images  de violences et  d'addiction assez débile et stérile au pouvoir, mettent le projecteur sur des paysages ravagés et mutilés.

    Je reviens de missions au Sénégal et au Ghana. J'y ai vu l'Afrique dans sa grandeur: j'y ai trouvé des gens chaleureux, pauvres mais plein d'allégresse et de sérénité. Professionnellement, j'ai eu des interlocuteurs avertis et compétents. Sur une mer sauvage, face à l'île de Gorée trônaient les barques de pêche à fond plat ou la silhouette droite du pêcheur composait un tableau de peinture naïve et coloré. A Accra, des femmes, dans une posture digne et cambrée portaient sur leur tête, dans un équilibre magique, une part de leur garde manger ou de leur marchandise à vendre. Magnifique et émouvant !

    Quand on pense à l'Afrique, pensons aussi à la dignité de la révolution tunisienne. Ce continent - dont on  a facilement la vue méprisante de l'ex colonial- pourraient nous donner des leçons. Un siècle viendra qui sera Africain. Inch Allah !

  • Réjouissons nous sans entrave !

    Quelle fraicheur dans la spontanéité et quelle formidable bouffée d'espoir et d'optimisme nous donnent les révolutions tunisiennes et égyptiennes ! voilà un mouvement insurrectionnel qui est d'abord laïc (il n'est impulsé par aucune religion) qui n'est pas politique (pas de leader, pas de parti donnant des ordres, pas d'Ayathollah préchant l'intolérance, même pas de leader) qui ringardise et ridiculise l'establishment politique et culturel occidental (qui n'a rien vu venir et n'a rien compris et fait preuve de tous les conservatismes en misant sur le maintien des despotes) qui a renversé l'ordre de la peur (la peur a changé de camps) et qui illumine l'avenir d'un souffle nouveau qui destabilise déjà les profiteurs des régimes contestés.

    Certes, Jaurès disait que "le tison des révolutions finit toujours en fumant et en puant" et les dangers sont multiples:les pillages, les exactions de toutes sortes, des récupérations de tout poils, notamment des politiques, malheureusement peut être des religieux, la menace du chaos, ne serait ce qu'économique...

    Mais pourquoi bouder sa joie aujourd'hui. Nous vivons la Grande Histoire "en Live", celle où des hommes ne se battent pas CONTRE (le mouvement ne stigmatise pas la civilisation judéo chrétienne) mais POUR plus de liberté et de justice.  

    Les moments de bonheur sont toujours des "petits miracles menacés" et celui là en est un..Il faudrait tout faire pour faciliter la transition démocratique en cours. Le déclassement de la Tunisie par les agences de notation n'y aide pas. Pour une fois que les pauvres, les sans grades, les démunis pilotaient l'actualité, on va même leur voler ce qu'ils ont engendré. "La liberté est une mer agitée; certains lui préfère le calme du despotisme: c'est celui des cimetières"

  • "Indignez vous" oui !.... mais trop c'est trop !

    images[3].jpgLe succès du livre de Stéphane Hessel est énorme. Tous les médias le célèbrent par des éloges dithyrambiques et unanimes. On se frotte les yeux : d'émotion, d'abord, car l'auteur le mérite et on se réjouit ; d'incrédulité, ensuite, car le fascicule ne fait que 20 pages qui dénoncent ce qui a été villipendié ailleurs, de manière souvent plus argumenté.

    Pourquoi ce succès? 3 raisons me semble-t-il: 

    1/Stéphane Hessel a un passé exemplaire, tout à fait exceptionnel, et l'homme est sympathique et plein d'humilité (un Homme rare !); il fallait le voir a Canal+ face aux requins de la communication s'en tirer de manière lumineuse et émouvante. On adhère à ce Grand Bonhomme.

    2/ il dénonce ce que les gens ont envie de voir dénoncer ou rejeter et fédère en quelques pages un ressenti général.

    3/ il est extrêmement concis, trés peu de pages, et cette briéveté fait sa qualité première puisque personne n'a plus le temps de lire de longs rapports. Son livre est un cri.

    Pourquoi trop c'est trop

    Je suis perplexe face à ce battage médiatique car le livre est dramatiquement incomplet et s'arrête au milieu du guêt. S'indigner, c'est bien ! mais ce n'est qu'un constat, un arrêt sur image. Manquent les propositions d'action et de changements. Stephane Hessel vient au chevêt de notre société, lui passe une radiographie mais ne dit pas comment le patient peut s'en sortir. Oui le radiologue est excellent...mais le travail de rédemption est à faire. A la vingtième page, on se trouve un peu abandonné. S'indigner n'est rien sans l'action. Si l'on croit qu'un "autre Monde est possible" il faut agir. L'indignation n'est que l'humus de la révolution. Ce qui choque aussi chez Hessel, c'est son attachemenau passé . Hessel voudrait restaurer la grandeur et la prospérité de la France; il y a des problèmes de pauvreté plus importants que la perte des acquis sociaux. La nostalgie n'est pas un système de pensée.