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solitude

  • Recommendation

    Un livre m'a beaucoup touché. Il traite de deux solitudes.

     La première est celle d'une femme de 40 ans :mari décédé dans un accident de voiture , 3 enfants à  élever. Elle a, un jour, "l'imprudence"de contredire son superieur hiérarchique dans une réunion de travail. Le "petit chef" (comme il y en a tant dans les administrations)....va lui faire chèrement payer en la deshabillant, graduellement, sadiquement, de toutes responsabilités dans l'entreprise et en la placardisant. Viennent alors  mille petites humiliations. Elle est progressivement exclue. Certes, elle a des enfants mais sa solitude est aussi celle d'avoir à éduquer, seule, "à une voix",  ses 3 ados. "Maman qu'est ce que c'est qu'un couple?" lui demande son plus jeune fils. Le travail peut être un espace de profonde détresse.L'espace familial aussi. Solitude et détresse :  synoymes, parfois.

    La seconde solitude est celle d'un médecin du même age qui se noie dans son travail à SOS médecins. Il ne sait pas dire non aux appels d'urgence. Il a bien une compagne mais elle ne l'aime pas. Ce non-amour est aussi une solitude. Comme l'est la ville parfois, surtout quand on n'est attendu par personne.

    Les deux "héros" de ce livre ne se rencontrent pas. Ce roman confirme que la solitude ne s'aprivoise pas. La solitude est sauvage. Elle est libre et vous engloutit. Elle broie.  Ceux qui sont seuls ont du mal à rencontrer d'autres êtres marqués aussi du fer rouge de la solitude. 2 solitudes ne se rencontrent que rarement. Certes il y a les réseaux sociaux; mais .....

    J'ai été interpelé par ce livre car il rejoint le fil rouge de celui que je suis entrain d"éditer et où je veux montrer combien il est difficile de partager la souffrance de l'Autre. L'Autre, même dans le simple mal-être,  se retrouve souvent seul comme ce cervidé au coeur de la forêt lêche dans la pénombre ses blessures qui saignent.

    le livre s'appelle "les heures souterraines" il est écrit par Delphine de Vigan (en poche). Superbe! roboratif aussi.

    Une "commentatrice" dont j'apprécie toujours les  remarques, soulignent que la solitude a aussi des effets positifs. L'écrivain écrit dans la solitude. Parfois, la solitude est magnifiquement apprivoisée. Enfin, il faut faire la "solitude en soi" pour atteidre La Vérité. (Je t'amènerai au désert et je parlerai à ton coeur)

  • Humbles réflexions sur la souffrance et la mort

    On se prépare à tout, sauf à la mort. La grossesse se prépare; l'enfant qui naît sera préparé à la vie : les parents l'accompagneront, l'éducateur le formera. La vie professionnelle aura des paliers successifs au grés de stages accumulés . Dans le quotidien de la vie, on arrangera de longue date une fête ou un départ. Les conseils pour l'après carrière vont se multiplier pour garantir une retraite seraine. Seules la souffrance et la mort ne sont jamais préparées. Pas de conseil, pas de stage, pas de formation. Il y a bien les soins palliatifs mais dans le "ghetto" de l'hôpital pour les patients en fin de vie.

    Le temps de la souffrance comme l'approche de la mort accroissent pourtant les fragilités dans toutes les dimensions de l'être: physiques, psychologiques, spirituelles, intimement liées les unes aux autres. L'homme heureux ne sait pas comment le trouveront la souffrance et la mort. Elles ouvrent un mécanisme de rupture, d'exclusion et donc de solitude. C'est le domaine du non-partage. Que sait la main qui tient la main du mourant sur ce qu'il endure dans sa chair et dans son âme, dans sa foi et dans ses doutes ? La solitude de Gethsémani a vu le cri désemparé du Christ "Père pourquoi m'as tu abandonné".

    Il faut aussi en finir avec l'idée d'une souffrance expiatoire et éducatrice, idées chrétiennes dépassées. Elle est comme la mort, une énigme. "Le meileur théologien, c'est celui qui garde le silence et s'assoit à côté de celui qui souffre". Il faut se préparer à affronter la solitude. Le meilleur moyen est, peut être, de se rapprocher au plus tôt de ceux qui endurent les maux du corps et les affres du "passage" prochain. Le bien portant doit savoir que le souffrant l'attend. Le mouvement vers l'Autre construit l'humanité de tous. Les personnels de santé et d'aumônerie ont leur rôle. Nous y avons, me semble-t-il, le notre aussi. Nous y gagnerons une propédeutique pour affronter l'ultime épreuve que nous allons vivre, à plus ou moins long terme. Parfois, nous constaterons sur le visage du mourant qu'il porte en lui même une "force de résurrection".

    J'ai été visiteur d'Hopital, il y a quelques années. J'y ai plus appris sur le parcours de la vie que dans les Universités. C'est mon "diplôme" le plus utile.

  • réflexion printannière sur l'automne de la vie

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    Vivre son avancée en age comme le détachement de tout ce qui faisait poids : le poids de la tradition, des vérités enseignées, de la famille, du groupe, de la Société... c'est l'accession à une Liberté, l'abandon du superficiel et de l'apparent. Vieillir c'est pouvoir enfin s'ouvrir sur le monde.

    L'avancée en age est aussi une solitude. "Vieillir est la plus solitaire des navigations". Mais pas un isolement.

    Avec l'avancée en age on accède, si on le veut, à une solitude positive. Elle est alors un cadeau royal que parfois nous repoussons parce qu'en cet état nous nous découvrons infiniment libre et que la liberté c'est ce à quoi nous sommes le moins prêt. "On devrait apprendre à aller à la rencontre avec soi même pour habiter avec soi". La bonne solitude ouvre, rend disponible et relie. Or personne ne nous apprend à être seul et cela dès l'enfance. Toute notre éducation qu'elle soit dispensée par la famille ou par l'école vise à ne jamais laisser l'enfant dans le silence face à lui même. S'il s'isole on s'inquiète. La solitude est alors considérée comme une maladie.

    A l'automne de la vie, la quête de la solitude positive est un graal dont on peut recevoir de nombreux bienfaits. Elle est l'inverse de l'isolement.

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